Flaneur-for-site.jpgLe secret, pour apprécier sa semaine de Père Pinard, c'est de ne rien prévoir, de ne rien chercher et d'attendre que tout me tombe dessus, comme ça, naturellement. La méthode est d’une grande facilité, il suffit de marcher, de flâner, de jouer aux boules et de lever le nez du bout de ses grolles et de glaner ce qui se présente. L'été est propice au flânage, le pouvoir du flânage et du flâneur, par la même occasion, n’est jamais à sous-estimer. Le philosophe Walter Benjamin lui accordait des vertus subversives. Le flâneur, que l’on aime surtout réduire à sa dimension oisive, est surtout un épicurien qui attend que les choses lui arrivent naturellement. Le flâneur est pratique. Une équipe de chercheurs vient d'établir, avec la complicité de plusieurs adeptes du flânage dans les rues de Londres et de Barcelone, des cartes géographiques des odeurs de ces deux villes, quartier par quartier, coin de rue par sentiers de parc et zones commerciales. Odeurs d’industries, de nourriture, d’animaux, de nature, d’émission de gaz d’échappement, de tabac, d’excréments, cette naso-géolocalisation repose sur une nomenclature complexe et variée. Grâce aux flâneurs, ces deux métropoles européennes ont livrées leurs secrets par les odeurs qu’elles dégagent. Ces odeurs, expliquent les chercheurs, qui influent sur la perception de l’environnement direct, les comportements des urbains et même la santé. Soyons franc, la rue n’est plus un espace de contemplation, mais un lieu pensé pour faciliter la circulation. Certes, il y a toujours les bancs, mais seulement pour ceux et celles qui prendront un repos temporaire avant de reprendre leur marche en avant. On se méfie de celui qui s’arrête, regarde, réfléchit et observe naïvement.

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