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L'art divin, c'est le goût à mère

dans la catégorie Inclassables mais classés

JJ''entends souvent "à chacun son goût" pour justifier son propre goût. On pourrait en déduire que les goûts seraient aussi nombreux et divers que le sont les individus. Le goût serait donc relatif puisque subjectif. Il nous faudrait donc accepter qu’il n’existe pas d’objectivité en matière de goût, qu’il n’y a ni bon ni mauvais goût, mais simplement le goût! Naïvement, je pensais qu'avoir du goût, faire preuve de goût, du bon de préférence, s'était se montrer capable d'apprécier à sa juste valeur ou de juger correctement de la valeur intrinsèque d’une œuvre, d'un plat ou d'une bouteille de vin. Mais si le goût varie d'une personne à une autre, personne ne peut commettre de faute de goût, il n'y a donc pas d'œuvre, de plat ou de bouteille de vin meilleur qu'un autre. Tous se valent? Concernant "l'étranger" d'Albert Camus, l'avis de l’inculte a-t-il la même valeur que celui de l’érudit? Dire "à chacun son goût" ne revient-il pas à nier la notion même de goût? Cela dit, soutenir que le goût est objectif revient à dire qu’il existe une beauté en soi, objective et universelle. Alors pourquoi, tous ne la reconnaissent pas de la même manière? Ce qui plaît aux uns ne plaît pas toujours aux autres. En plus, le goût évolue dans le temps et avec les cultures, pas simple de s'y retrouver.

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Le goût amer du bon goût

dans la catégorie Notre vin quotidien

zoom_7668_EmotionVin021414035.jpgJeune, je détestais les huitres, plus tard j'en raffolais et aujourd'hui, j'en mange sans grand plaisir. Rien de plus normal, selon les chercheurs qui ont étudié les comportements et les changements de préférences gustatives aux différentes étapes de la vie du rat, l'animal le plus proche de nous. En effet, seul le rat est apte à comprendre comment on ouvre un pot de Nutella et à l'appliquer! Einstein disait "si le rat pesait 20 kg de plus, il serait le maitre du monde". Comme pour le rat, notre vieillissement serait donc la cause de ces changements de goût et de dégoût. Les jeunes rats préfèrent le sucre et montrent une forte aversion pour les aliments amers, avec l'âge, c'est l'inverse. C'est pareil chez l'homme! On sait aussi que le goût est également lié aux trajectoires socioculturelles et aux effets de cohorte. Ce goût, si précieux dans notre construction, est une sensation, mais également une émotion. Une autre étude révèle que la perception gustative du vin culmine vers 25-30 ans et se dégrade à partir de 45. Les œnophiles de plus de 45 ans rechercheraient des goûts plus forts, plus amers, faute d’identifier les plus délicats? Ça se tient, même si je ne connais personne, parmi mes œnopotes, qui préfèrent les vins puissants, rudes et difficiles. Bon, d’accord, si, peut-être bien l'Ermite, mais je ne les classerai pas parmi les œnophiles, mais plutôt les vieux besogneux du gosier. On pourrait aussi en déduire que ceux qui préfèrent les vins puissants aux amers boisés seraient les sujets les plus propices à la sénilité précoce, à la décrépitude avancée?

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