magnumwines_white_wine_109_1000.jpgLe mot "minéralité" est un mot que l'on emploie, que j'emploie souvent, mais qui n'est quasiment jamais défini précisément, et c'est là son vrai problème. Depuis quelques années, la minéralité s’est immiscée dans le vocabulaire des dégustateurs patentés, comme une évidence; comme l'interprétation des arômes tout droit sortis de la roche, comme un goût jusque-là enfoui dans le terroir et qui referait surface par la magie d'un vigneron, comme si quelqu'un avait jeté un caillou dans mon verre. Étrange minéralité, cachée derrière ce néologisme aux pourtours flous, se cacheraient des sensations, des émotions, à la fois olfactives, sapides et tactiles. Je ne vais pas essayer d'exposer ce que représente la minéralité à mes yeux, ou plutôt à mon palais, c'est une tentative forcément sujette à critiques et contradictions, réfutations, voire contestations... Et, de plus, j'aurai beaucoup de peine à expliquer mes sensations, parfois contradictoires. La minéralité est une notion subjective par définition, donc non mesurable, et, de plus, peut abriter, sous son nom, des choses assez différentes. Il faut faire la part des choses, entre les arômes dits minéraux que l'on trouve classiquement dans certains vins, les arômes de pierre à fusil, de silex, de pétard, de pierre sèche (des composés soufrés organiques pour certains) ou de pétrole dans les Riesling et la sensation minérale en bouche, liée à des notes salines, iodées, souvent qualifiées de minérales. Rien à voir entre les arômes de silex et une impression tactiles en bouche. Alors, comment définir la minéralité?

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