Pour aller le voir et profiter de sa sagesse, j'ai marché plusieurs jours et plusieurs nuits, j'ai traversé une forêt aux pentes abruptes et une montagne ténébreuse, sous des averses brûlantes et un soleil battant la chamade. Harassé, épuisé, fourbu et quelque peu fatigué, j’aperçus sa cabane, je touchais au but et décidai de passer sous silence le fait qu’un taxi m’y avait déposé. La cabane était vétuste, elle dégageait une atmosphère de sérénité, de quiétude et de méditation qui contrastait drôlement avec le magasin de souvenirs adjacents où s'empilaient des ouvre-bouteilles made in Taiwan et des caisses en bois. Aucun doute possible, j’étais bel et bien dans l’antre du vieux sage St Johanais. Celui qui avait enseigné son savoir à tous les vieux sages tibétains, chinois, Boukistanais et même à celui de fort Boyard. "Entre, je t’attendais", me dit sans tambour ni trompette une voix qui semblait sortie du fond des abimes. J'essuyai mollement mes "Berluti" sur le paillasson où était écrit : "N’engueulez pas le patron, la patronne s’en charge". Le temps de refreiner mon envie de fuir dans la nuit comme un cheval au galop, le temps pour mes yeux de s'habituer à l’obscurité et je découvrais l'intérieur de l'antre du sage. Les murs de l’endroit étaient tapissés de carton humide, vestige de St Julien et de St Estèphe, icônes du vieil Ermite âgé.

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