sanglier1.jpgIl a attendu 45 ans pour savourer sa vengeance, 45 ans pour retrouver ce cochon de sanglier qui lui avait reniflé les animelles, un jour où il avait entrepris de déniaiser sa Marie-Lou sur une table forestière. Le souvenir de ce groin poilu qui s'était approché de ses bijoux de famille, l'avait hanté longtemps, comme les réminiscences de sa couarde fuite, le futal sur ses bottes de moto, juste habillé de son blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos qui cachait un tatouage avec un cœur bleu sur sa peau blême, et juste à l'intérieur, on lisait : "maman je t'aime". Ce souvenir l'avait empêché de dormir dans le noir de la forêt, sa vie durant. Avec le temps, l'Ermite s'était persuadé que la seule réponse humaine était la fuite. Pour éviter que ses parties génitales ne soient transformées en crumble aux figues, il avait laissé Marie-Lou sur la table, offerte au Dieu cochon. Ranulphe, son analyste imaginaire l'avait convaincu que, selon Jean-Mouloud Nietzsche, ses fuites nocturnes n'étaient pas un perpétuel aveu de faiblesse, mais une volonté de puissance, un syllogisme aristotélicien qui, a contrario, prouve son immense courage. De ces retrouvailles avec le cochon, il en avait rêvé longtemps.

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