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No Signal

dans la catégorie Inclassables mais classés

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Un air de famille

dans la catégorie Notre vin quotidien

Airdefamille.jpgDans la famille Ménard, toutes les semaines, on se rejoint au café d'Henri, le patron et le fils, et on va manger "Aux ducs de Bretagne". Ce soir, c'est jour de fête, c'est l'anniversaire de Yolande la belle-fille, mais un incident va venir troubler les habitudes. Arlette, la femme d'Henri, est partie une semaine pour réfléchir, et la famille est déstabilisée. Ce film est un petit chef-d'œuvre d'humour noir, les dialogues sont brillants et les conflits familiaux sont tellement vrais. Un film de Cédric Klapisch avec Agnès Jaoui, Catherine Frot, Jean-Pierre Bacri et Jean-Pierre Darroussin, à voir et revoir. A boire et à reboire, dans la famille Lapierre, il y a le neveu. Christophe Pacalet faisait le cuistot aux Antilles et s’en revenait chaque année au pays pour y cueillir le millésime. Jusqu’à ce que l’amour et la famille le ramène à ses origines vigneronnes, il est le neveu de Marcel Lapierre et le cousin de Philippe Pacalet, son cousin rebelle et bourguignon. En 1999, Christophe a créé avec Marcel, le domaine les Marcellins. Sans levurage ni SO2, il élabore des vins vrais et sans détour. Toujours dans l’éthique, jamais dans la technique, il s’est fixé comme objectif de vinifier l’ensemble de la palette des crus du Beaujolais en micro-négoce, il jongle aujourd’hui avec 8 hectares répartis sur une bonne douzaine de terroirs (Chénas, Brouilly, Moulin à Vent…). Des Beaujolais avec un air de famille et pour les repas de famille, avec ou sans collier de chien.

Moulin à Vent 2011 Christophe PacaletPacalet_moulin_a_vent.jpg

Jolie nez, acidulé, très gamay, sur la framboise, la cerise, la fumée, la violette, un peu de réglisse et une touche de terre humide. L'attaque est franche et vive, la bouche, toujours sur l'acidulé, avec des tannins doux, un bel équilibre et une jolie persistance. Très bien




Un Blanc, mon oursin et moi

dans la catégorie Notre vin quotidien

tontons-flingueurs-1963.jpgVous le savez déjà surement, je suis un inconditionnel des Tontons Flingueurs et de Francis Blanche et j'ajouterai que: "Je me permets d’intimer l’ordre à certains salisseurs de mémoire qu’ils feraient mieux de fermer leur claque-merde" avant que je m'occupe de leur cas de figure. La phase exacte est prononcée par le Père Francis dans la mythique scène de la cuisine des Tontons. Issu d'une famille d'artistes, Francis Blanche a fait des études secondaires, faciles, désinvoltes et brillantes puisqu'il fut, à l'âge de 14 ans, le plus jeune bachelier de France. Il a débuté au cabaret à l'âge de dix-sept ans, puis, il a rencontré Pierre Dac, avec qui il fera un duo irrésistible, dont le sublimissime sketches du "Sâr Rabindranath Duval" (1957). Francis Blanche était un ennemi déclaré de l'esprit de sérieux, il a contribué, par ses spectacles, par ses émissions de radio, par ses films, à éveiller dans la jeunesse la contestation d'une société qu'il traitait par la dérision. Il était poète à ses heures, mais plus à seize heures trente, il a inventé le canular téléphonique, détourné les réclames, propagé les faux scoops, écrit des chansons pour Piaf et Trenet, roulé en Cadillac fuchsia et pratiqué l'autoflagellation à cru comme d'autres l'aquarelle le dimanche. Il aimait envoyer à ses amis des cartes postales représentant la Vénus de Milo avec ces mots griffonnés: "Vous voyez ce qui vous attend si vous continuez à vous ronger les ongles!" Entre Pierre Dac, Alphonse Allais, Tristan Bernard et Coluche, il est le maillon obligé ou le chaînon manquant. Le placer sur un piédestal offenserait sa mémoire, mais, mine de rien et pour longtemps, le petit homme colérique continuera à nous aider à vivre, et au besoin à mourir. Dépourvu d'ambition, voire d'intérêt pour le futur, il n'a néanmoins pas réussi à disparaître tout à fait. Tandis qu'en 1973 paraissait sur les écrans "La Grande Bouffe", le dernier film dont il a écrit les dialogues, le public découvrait en cet amuseur apparemment blasé, un poète nostalgique. Il est mort d'une crise cardiaque à 52 ans, très affecté, à 81 ans, Pierre Dac le suivra quelques mois plus tard. Au cimetière d'Èze-Village, sur la tombe de Francis Blanche, il reste un nom, et un vers de "Mon Oursin et moi". "Laissez-moi dormir, j'étais fait pour ça." A mourir de rire!

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Le dégoût d'Evin

dans la catégorie Notre vin quotidien

binge-drinking.jpgCela fait plus de 23 ans que la Loi Evin a été votée. 23 ans que le législateur se préoccupe de ma santé, me détourne du tabac, des drogues diverses et avariées et des boissons alcoolisées. A l'origine, les juristes avaient la louable intention d’autoriser la publicité pour le vin tout en limitant ses excès et en protégeant les plus jeunes. Mais voilà, au pays des borgnes, les cyclopes sont aveugles et les tribunaux ont donné une interprétation de plus en plus restrictive de ce texte, et le vin, patrimoine national reconnu dans le monde entier, est devenu boisson non grata chez nous. En 20 ans, la consommation du jus de la treille a fortement baissé. Il ne reste qu’un peu plus de 15% de consommateurs quotidiens. A ce rythme, les abstinents seront plus nombreux que les adeptes de Bacchus. Pour le pays du bien manger et du bien boire, c’est fort de café. Cette politique suicidaire est un échec sur toute la ligne, le nombre de jeunes pratiquant le "binge-drinking" a explosé, les concours d’ivresse rapides sont courant. Les jeunes ne se saoulent pas au Meursault bien frais, mais à la bière additionnées de vodka ou de gin quand ce n'est pas du whisky seul. En interdisant la publicité ou même l'information sur le vin, les législateurs ont privé notre jeunesse de connaissance, de culture. Comment leur reprocher de se défoncer au mauvais alcool quand on a omis de faire leur éducation, de leur faire goûter de petites pépites en famille. Comme le répète souvent Ranulphe, mon coach en insultes Boukistanaise, le Meursault est la preuve que Dieu existe, qu'il nous aime et que pour savoir qu'un verre est de trop, encore faut-il l'avoir bu. Même si nos élus ont modifié le texte, le mal est fait, le goût du vin est passé. À défaut de Meursault et pour parfaire mon éducation je me suis ouvert un Côtes du Roussillon, puis qu'il faut raison Gardiés.

Côtes du Roussillon Clos des vignes 2010 Domaine Gardiésgardies-clos-des-vignes-rouge.png

Un vin issu du terroir argilo-calcaire de Vingrau et de l'Espira de l'Agly, adossé aux contreforts des Corbières, un assemblage de Grenache noir et Carignan de 60 à 70 ans (70% - vinifiés ensemble), 20% de Syrah et 10% de Mourvèdre. La robe est grenat foncé, le nez est puissant, sur des arômes de fruits noirs et rouges, de fumée, de goudron, de garrigue et d'épices. La bouche est concentrée, intense, l'élevage est présent mais pas déplaisant, les tannins sont jeunes, relativement fondus compte tenu leur jeunesse. L'équilibre général est bon avec une finale un rien mentholée et avec une petite pointe minérale. Bien+

Rébus à impériale

dans la catégorie Rencontres Amicales

Imperiale_03.jpgFriedrich Nietzsche n'avait pas toujours raison, sauf quand il a dit "tous ce qui nous tue nous rend plus mort" ou quand il affirmait que la comparaison, y’a que ça de vrai. Enfin, il le disait mieux que moi. Par exemple, si tu compares un magnum de Pommard avec une Impériale de St Julien, le magnum ressemble à un mignon petit bébé devant un géant vert qui aurait mangé trop de soupe. Autre exemple, si tu prends un bébé et un vieux comme l'Ermite, c'est chauve, ça a la peau fripée, le teint violacé, ça vit dans une couche remplie de merde, ça parle pas, ça a la mémoire et la trombine d'une rascasse... Pourtant quand l'Ermite vomit sa compote, y'a que Véro pour dire :"ouh qu'il est mignon". C'est surprenant les effets de la comparaison. Quand tu compares un double magnum de Leflaive avec un double magnum de Clos des Mouches, les choses sont déjà plus tangibles, il y a matière à comparaison, un peu comme quand tu compares le bide de Jeanda avec l'esprit de déduction de Rage, comparé au vide sidéral, la bedaine du frisé nous inspire la grâce d’un éléphanteau dans un musée de porcelaines miniatures.

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Les pieds dans la bouse et la tête dans le Saint-&-Millions

dans la catégorie Humeurs et gueule de bois

Isabelle-Saporta-VinoBusiness-2.jpg"C'est une chose bien commode que la critique, car où l'on attaque avec un mot, il faut des pages pour se défendre" résumait avec brio Jean-Jacques Rousseau dans sa réponse au roi de Pologne, duc de Lorraine. Après les critiques du livre Vino Business d’Isabelle Saporta, voilà une réponse en forme de doc. Comme tous les amateurs de vin, c'était l'occasion de redécouvrir ma télé, FR3 et un documentaire sur le vin, ce qui n'est pas courant de nos jours, qui plus est, en "prime time". Je suis donc devant un doc prescrit par mon Doc mentaliste et œnophile. Le documentaire Vino Business d’Isabelle Saporta, titre du livre du même nom, est un doc réalisé par Damien Vercaemer. C'est une plongée dans le vin et les grandioses terroirs de France et de Navarre, ou comment, derrière les prestigieuses étiquettes se dissimuleraient tous les ingrédients d’un impitoyable "Dallas vineux", avec ses rivalités, ses haines ancestrales et viscérales, ses intrigues et ses coups bas. Le vin a remplacé le pétrole mais les enjeux sont aussi colossaux et le silence est toujours de mise (en bouteille). Après avoir vitriolé les Bordelais à l'encre de sa plume, Isabelle Saporta a fait entrer une caméra, sans dessin, mais à dessein, dans le saint des saints de l'ignoble vignoble bordelais, dans les méandres de cette petite république bananière et Bordelaise, d’habitude inaccessible aux communs des mortels. C'est un film avec de jolies images, de belles lumières, un film engagé aussi, à charge, mais pas que. Un film qui traite, parfois trop superficiellement, de sujets importants comme la chimie, les pesticides, l'argent, les laboratoires, les œnologues consultants et très consultés, les riches et les puissants, les chinois et les autres. Bien sûr, comme d'habitude, les riches et les puissants en mocassins à gland sont moins sympas que les écolos en bottes bousées qui ont compris qu'on pige à poil et sans vapeur. L'artiste est toujours plus valorisé que les businessmen, mais tous sont de drôles de cocos.

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La critique est dosée, mais le lard a des ficelles

dans la catégorie Notre vin quotidien

vins-geek.jpgComme disait un ogre de mes amis, toutes les bonnes choses ont une faim, et moi, à la fin, j'ai souvent faim. J'aime cuisiner, mitonner, partager mais je ne supporte pas la critique surtout depuis qu'internet, ce fléau moderne, a développé une nouvelle catégorie de gaziers: les haïsseurs, des critiques z'anonymes, des z'êtres z'aigris et frustrés qui, bien à l’abri derrière leurs écrans mobile, se permettent de ne pas être d’accord avec moi. C'est une tendance récente, avant, quand quelqu’un faisait quelque chose, même pas exceptionnel, tout le monde criait Aline, pour quelle revienne, et applaudissait en dansant la javanaise. Imagine qu'une bande de Geek haïsseur ait visité le musée virtuel de Pablo Picasso avant de poster "Ziva, C chelou ton truc, C naze", on ne m’ôtera pas de l’idée que l'ami Pablo aurait fait une tout autre carrière. Mais aujourd’hui, les haïsseurs sont partout, sur internet, bien entendu, mais aussi dans ton entourage, fait zy gaffe, ils sont bien capable de venir brûler tes pneus, crever ta maison, pisser sur ton chat, boire ton Meursault, le genre de petites choses amusantes qu’il arrive parfois à tout un chacun de commettre sous le coup de l'ire ou de la colère.

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On remet le couvert en Champagne mais sans casser la Vesselle

dans la catégorie La tournée des vignes

Renault_Fuego_France.jpgEn ma qualité d'œnophile et d’œnopote, pas question de laisser l'Ermite blitzer en champagne sans l'accompagner, certes, à mes risques et périls, au vue de sa conduite incertaine et pour le moins aléatoire. Faut le voir dans sa Fuego rose dorée, rouler les cheveux et le nez au vent, le dernier Marilyn Manson à fond les ballons, faisant des clins d’œil aux minettes qui le croisent, un mec cool, un p’tit billy en somme, mais bien fait. La Fuego, je pensais que c'était en hommage à James Bond (Dangereusement vôtre et GoldenEye), mais je crains que sa culture cinématographique ne s'arrête à "Mais qui a tué Pamela Rose?". C'est le grand spécialiste des démarrages à la Sébastien Loeb, période poussette et maternelle, il a fait installer, par Gégé la Trombine, un moteur cylindrique à pistons carrés y’a pas 3 semaines, plus deux couches de peinture dorée sur sa Princesse, comme il l’appelle. Il s'est mis 3 SOFINCO et 2 COFIDIS dans la ganache, mais il pourrait facilement atteindre les 110 km/h dans les descentes s'il n'avait pas peur de cramer dans sa caisse de kéké. Je vous jure, j’en avais mal au cœur. Bref, nous voilà sur la route de la Champagne, on papote, tranquille, calme, reposé comme des vaches sacrées, il me donne des conseils culinaire, il m'explique comment réussir un bon gratin de nouille, bref, j’en arrive à prendre rendez-vous avec lui pour qu’il me donne des cours de cuisine moléculaire. Quand soudain…

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Le courrier d'un céréale lecteur

dans la catégorie Inclassables mais classés

courrier_psyko.gifÇa fait des lustres et des lampadaires que je n’ai pas répondu au courrier des lecteurs, ce qui est normal puisque je n'ai pas de lecteur, sauf toi, évidemment, toi qui vient te perdre ici quand tu ne sais pas quoi faire d'autre que d'embêter Josette de la compta, celle qui pue quand elle rouspète. Je parle bien de courrier des lecteurs et non pas des lettres d'insultes qui s'accumoncelle sur mon bureau en ronce de pendu, que je préfère au ronce de noyé qui a un tantinet tendance à mouiller mes papiers. La première lettre est aussi brève que courte et émane d'un certain Monsieur Alonzo Puth de Bourre la Reine. "Bonjour Monsieur Psykopat, je vous lis avec attention depuis des années et je constate que vous n'avez jamais fait de billet sur un vin splendide: la 1ère côte de Bordeaux Château Pontet Laroche, allez-vous vous y coller un jour?". Mon cher Alonzo Bois, il se trouve que j'ai bu ce vin il y a peu de temps, à mon grand regret d'ailleurs. Pour vous éviter d’envoyer un autre pneumatique me demandant mes impressions, je vais vous donner les raisons de l'oubli. Comment dire… ce vin est une catastrophe, un drame national, dire que ce vin représente la France fait froid dans le dos et gratte mon gosier. Je ne dirais pas que c'est astringent, je dirais que ça irrite le fion, que ça pique avec une impression de goûter des hallebardes rouillées, un engin comme ça, ça devrait être livré avec une notice et des contre-indications médicales. Je dois reconnaitre que si on aime les tannins, le bois et l'acidité, on est servi et même bien servi et c’est bien là le problème. Monsieur Alonzo Balmasquez, j'ai des enfants à nourrir, j’ai une boite à faire tourner, je n'ai pas de temps à consacrer à la rédaction d’un billet sur ce genre de vin, il faut savoir que ce genre de connerie ne s’écrit pas en 33 secondes, et que, avant d’aligner plusieurs conneries de suite, il faut les avoir cherchées dans un esprit fait con. Donc, au bas mot, il faut compter au moins une heure pour avoir un résultat correct. Voilà M. Puth, embrassez vos fils et vos filles de ma part.

courrier_lecteur.jpgLa deuxième lettre est également assez brève et émane d'un certain Pepito Micorazòn: "Pourquoi c'est toujours moi l'Ermite Agé qui en prend plein les dents, c'est un gars bien, faut arrêter, espèce de rigolo plein de poils, je voudrais que vous vous arrêtiez". Mon cher Jean-Luc, inutile de te cacher, on t'a reconnu, je n'ai qu'une chose à dire: "des nèfles". Moi, je voudrais à nouveau rentrer dans mes vieux jeans, je voudrais un panda roux comme amis facebook, je voudrais que Catherine Deneuve ait mon haleine au réveil, je voudrais avoir un cerveau de 12 ans dans mon corps d’aujourd’hui, je voudrais savoir si la peau de mérou se tond, je voudrais qu'il pleuve des grenouilles… Et sinon ça va la famille ? On se maintient, on se fait une marche et une bouffe et un blitz un de ses quatre… Pour la dernière lettre, je n'ai pas tous compris, elle est de Leslie Gondolaveniz: "Ziva bouffon pk tékris c konri?". En premier lieu, je dois reconnaitre que je reste sans voix devant tant d'éloquence, de verve, et de verbe contenus, devant tant d'inspiration, qui n'est pas sans rappeler Dominique de Villepin à l'ONU. Si, si, ça me fait plaisir. Je suis heureux que des illettrés jeunes polluent participent à ce blog et essaient de communiquer avec moi, même au détriment de la langue française. Pour te répondre, je serai tenté de plagier Jorge Luis Borges et te dire que je n'écris pas pour une petite élite dont je n'ai cure, ni pour une entité platonique adulée qu'on surnomme la Masse. Je ne crois pas à ces deux abstractions, chères au démagogue, j'écris pour moi, pour mes amis et pour adoucir le cours du temps, mais je préfère te réponse ceci: "Pask sam fé maré, alé ducon à 1dcé qutr, g d new à fer pour m lecteur...zyva bouffon".


La rive gauche est orpheline

dans la catégorie Inclassables mais classés

boissenot.pngCertains pensent que je cultive une aversion des vins de Bordeaux, pourtant, j'aime les bons Bordeaux et ceux qui les font sans artifice. En novembre 2012, dans son laboratoire de Lamarque, au cœur du Médoc, j'avais eu la chance de rencontrer Jacques Boissenot, l'élève d'Emile Peynaud. J'avais apprécié sa courtoisie et sa grande modestie, celle qui l'empêchait de dire qu'il avait été élu meilleur winemaker bordelais de la décennie en 2010. J'apprends aujourd'hui que Jacques Boissenot est mort à 76 ans et je suis triste pour sa famille et tous les domaines qu'il conseillait avec son fils Éric. Il a accompagné Château Lafite, Latour, Margaux, Léoville Las Cases, Mouton Rothschild, Ducru-Beaucaillou, Pichon-Baron et Pichon-Lalande, Léoville Barton, Gruaud-Larose, Cos d’Estournel, Brane-Cantenac, Palmer, Talbot, Rauzan Gassies, Lagrange, Chasse Spleen… La liste est longue et donne le vertige. Mais il conseillait aussi de petit domaine et il avait un jardin secret, le château "Les Vimières", à Lamarque, et aussi une minuscule parcelle au Château Vimières de Tronquera, à Margaux (moins de 2 hectares en tout, achetés au départ pour se livrer à des expérimentations), deux vins à un prix ridicule dans la région. "Le prix des grands Châteaux sont indécents" disait-il. Le journaliste Jean-Paul Kauffmann avait écrit : "Jacques Boissenot est de ces hommes dont on ne saurait se passer, parce qu'ils ne sont jamais préoccupés de devenir indispensables". C'est avec émotion et respect que je lui rends hommage en buvant un de ses vins. Un grand monsieur, respect et condoléances.

Haut-Médoc Château les Vimières 2010Chateau-Les-Vimeres-08-HAUT-MEDOC.jpg

Un nez de cassis, de myrtille, de fumé, d'épices avec une délicate touche de bois, sans excès et pas encore complètement fondu. En bouche, ça sent la vinification au cordeau, un élevage maitrisé, des tannins délicats, une belle matière mais beaucoup de légèreté, un fruit expressif, un bel équilibre et une finale très fruitée. Une micro-cuvée produite à quelques milliers de bouteilles, excellent et à un prix qui fait s'éteindre les étoiles du Médoc.

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