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La critique est dosée, mais le lard a des ficelles

dans la catégorie Notre vin quotidien

vins-geek.jpgComme disait un ogre de mes amis, toutes les bonnes choses ont une faim, et moi, à la fin, j'ai souvent faim. J'aime cuisiner, mitonner, partager mais je ne supporte pas la critique surtout depuis qu'internet, ce fléau moderne, a développé une nouvelle catégorie de gaziers: les haïsseurs, des critiques z'anonymes, des z'êtres z'aigris et frustrés qui, bien à l’abri derrière leurs écrans mobile, se permettent de ne pas être d’accord avec moi. C'est une tendance récente, avant, quand quelqu’un faisait quelque chose, même pas exceptionnel, tout le monde criait Aline, pour quelle revienne, et applaudissait en dansant la javanaise. Imagine qu'une bande de Geek haïsseur ait visité le musée virtuel de Pablo Picasso avant de poster "Ziva, C chelou ton truc, C naze", on ne m’ôtera pas de l’idée que l'ami Pablo aurait fait une tout autre carrière. Mais aujourd’hui, les haïsseurs sont partout, sur internet, bien entendu, mais aussi dans ton entourage, fait zy gaffe, ils sont bien capable de venir brûler tes pneus, crever ta maison, pisser sur ton chat, boire ton Meursault, le genre de petites choses amusantes qu’il arrive parfois à tout un chacun de commettre sous le coup de l'ire ou de la colère.

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On remet le couvert en Champagne mais sans casser la Vesselle

dans la catégorie La tournée des vignes

Renault_Fuego_France.jpgEn ma qualité d'œnophile et d’œnopote, pas question de laisser l'Ermite blitzer en champagne sans l'accompagner, certes, à mes risques et périls, au vue de sa conduite incertaine et pour le moins aléatoire. Faut le voir dans sa Fuego rose dorée, rouler les cheveux et le nez au vent, le dernier Marilyn Manson à fond les ballons, faisant des clins d’œil aux minettes qui le croisent, un mec cool, un p’tit billy en somme, mais bien fait. La Fuego, je pensais que c'était en hommage à James Bond (Dangereusement vôtre et GoldenEye), mais je crains que sa culture cinématographique ne s'arrête à "Mais qui a tué Pamela Rose?". C'est le grand spécialiste des démarrages à la Sébastien Loeb, période poussette et maternelle, il a fait installer, par Gégé la Trombine, un moteur cylindrique à pistons carrés y’a pas 3 semaines, plus deux couches de peinture dorée sur sa Princesse, comme il l’appelle. Il s'est mis 3 SOFINCO et 2 COFIDIS dans la ganache, mais il pourrait facilement atteindre les 110 km/h dans les descentes s'il n'avait pas peur de cramer dans sa caisse de kéké. Je vous jure, j’en avais mal au cœur. Bref, nous voilà sur la route de la Champagne, on papote, tranquille, calme, reposé comme des vaches sacrées, il me donne des conseils culinaire, il m'explique comment réussir un bon gratin de nouille, bref, j’en arrive à prendre rendez-vous avec lui pour qu’il me donne des cours de cuisine moléculaire. Quand soudain…

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Le courrier d'un céréale lecteur

dans la catégorie Inclassables mais classés

courrier_psyko.gifÇa fait des lustres et des lampadaires que je n’ai pas répondu au courrier des lecteurs, ce qui est normal puisque je n'ai pas de lecteur, sauf toi, évidemment, toi qui vient te perdre ici quand tu ne sais pas quoi faire d'autre que d'embêter Josette de la compta, celle qui pue quand elle rouspète. Je parle bien de courrier des lecteurs et non pas des lettres d'insultes qui s'accumoncelle sur mon bureau en ronce de pendu, que je préfère au ronce de noyé qui a un tantinet tendance à mouiller mes papiers. La première lettre est aussi brève que courte et émane d'un certain Monsieur Alonzo Puth de Bourre la Reine. "Bonjour Monsieur Psykopat, je vous lis avec attention depuis des années et je constate que vous n'avez jamais fait de billet sur un vin splendide: la 1ère côte de Bordeaux Château Pontet Laroche, allez-vous vous y coller un jour?". Mon cher Alonzo Bois, il se trouve que j'ai bu ce vin il y a peu de temps, à mon grand regret d'ailleurs. Pour vous éviter d’envoyer un autre pneumatique me demandant mes impressions, je vais vous donner les raisons de l'oubli. Comment dire… ce vin est une catastrophe, un drame national, dire que ce vin représente la France fait froid dans le dos et gratte mon gosier. Je ne dirais pas que c'est astringent, je dirais que ça irrite le fion, que ça pique avec une impression de goûter des hallebardes rouillées, un engin comme ça, ça devrait être livré avec une notice et des contre-indications médicales. Je dois reconnaitre que si on aime les tannins, le bois et l'acidité, on est servi et même bien servi et c’est bien là le problème. Monsieur Alonzo Balmasquez, j'ai des enfants à nourrir, j’ai une boite à faire tourner, je n'ai pas de temps à consacrer à la rédaction d’un billet sur ce genre de vin, il faut savoir que ce genre de connerie ne s’écrit pas en 33 secondes, et que, avant d’aligner plusieurs conneries de suite, il faut les avoir cherchées dans un esprit fait con. Donc, au bas mot, il faut compter au moins une heure pour avoir un résultat correct. Voilà M. Puth, embrassez vos fils et vos filles de ma part.

courrier_lecteur.jpgLa deuxième lettre est également assez brève et émane d'un certain Pepito Micorazòn: "Pourquoi c'est toujours moi l'Ermite Agé qui en prend plein les dents, c'est un gars bien, faut arrêter, espèce de rigolo plein de poils, je voudrais que vous vous arrêtiez". Mon cher Jean-Luc, inutile de te cacher, on t'a reconnu, je n'ai qu'une chose à dire: "des nèfles". Moi, je voudrais à nouveau rentrer dans mes vieux jeans, je voudrais un panda roux comme amis facebook, je voudrais que Catherine Deneuve ait mon haleine au réveil, je voudrais avoir un cerveau de 12 ans dans mon corps d’aujourd’hui, je voudrais savoir si la peau de mérou se tond, je voudrais qu'il pleuve des grenouilles… Et sinon ça va la famille ? On se maintient, on se fait une marche et une bouffe et un blitz un de ses quatre… Pour la dernière lettre, je n'ai pas tous compris, elle est de Leslie Gondolaveniz: "Ziva bouffon pk tékris c konri?". En premier lieu, je dois reconnaitre que je reste sans voix devant tant d'éloquence, de verve, et de verbe contenus, devant tant d'inspiration, qui n'est pas sans rappeler Dominique de Villepin à l'ONU. Si, si, ça me fait plaisir. Je suis heureux que des illettrés jeunes polluent participent à ce blog et essaient de communiquer avec moi, même au détriment de la langue française. Pour te répondre, je serai tenté de plagier Jorge Luis Borges et te dire que je n'écris pas pour une petite élite dont je n'ai cure, ni pour une entité platonique adulée qu'on surnomme la Masse. Je ne crois pas à ces deux abstractions, chères au démagogue, j'écris pour moi, pour mes amis et pour adoucir le cours du temps, mais je préfère te réponse ceci: "Pask sam fé maré, alé ducon à 1dcé qutr, g d new à fer pour m lecteur...zyva bouffon".


La rive gauche est orpheline

dans la catégorie Inclassables mais classés

boissenot.pngCertains pensent que je cultive une aversion des vins de Bordeaux, pourtant, j'aime les bons Bordeaux et ceux qui les font sans artifice. En novembre 2012, dans son laboratoire de Lamarque, au cœur du Médoc, j'avais eu la chance de rencontrer Jacques Boissenot, l'élève d'Emile Peynaud. J'avais apprécié sa courtoisie et sa grande modestie, celle qui l'empêchait de dire qu'il avait été élu meilleur winemaker bordelais de la décennie en 2010. J'apprends aujourd'hui que Jacques Boissenot est mort à 76 ans et je suis triste pour sa famille et tous les domaines qu'il conseillait avec son fils Éric. Il a accompagné Château Lafite, Latour, Margaux, Léoville Las Cases, Mouton Rothschild, Ducru-Beaucaillou, Pichon-Baron et Pichon-Lalande, Léoville Barton, Gruaud-Larose, Cos d’Estournel, Brane-Cantenac, Palmer, Talbot, Rauzan Gassies, Lagrange, Chasse Spleen… La liste est longue et donne le vertige. Mais il conseillait aussi de petit domaine et il avait un jardin secret, le château "Les Vimières", à Lamarque, et aussi une minuscule parcelle au Château Vimières de Tronquera, à Margaux (moins de 2 hectares en tout, achetés au départ pour se livrer à des expérimentations), deux vins à un prix ridicule dans la région. "Le prix des grands Châteaux sont indécents" disait-il. Le journaliste Jean-Paul Kauffmann avait écrit : "Jacques Boissenot est de ces hommes dont on ne saurait se passer, parce qu'ils ne sont jamais préoccupés de devenir indispensables". C'est avec émotion et respect que je lui rends hommage en buvant un de ses vins. Un grand monsieur, respect et condoléances.

Haut-Médoc Château les Vimières 2010Chateau-Les-Vimeres-08-HAUT-MEDOC.jpg

Un nez de cassis, de myrtille, de fumé, d'épices avec une délicate touche de bois, sans excès et pas encore complètement fondu. En bouche, ça sent la vinification au cordeau, un élevage maitrisé, des tannins délicats, une belle matière mais beaucoup de légèreté, un fruit expressif, un bel équilibre et une finale très fruitée. Une micro-cuvée produite à quelques milliers de bouteilles, excellent et à un prix qui fait s'éteindre les étoiles du Médoc.

http://www.leverasoif.com/index.php?post/2012/11/18/Les-petits-secrets-d-un-grand-magicien-du-vin


Plat de panard au lupanar et voyage au bout de l’ennui

dans la catégorie Notre vin quotidien

forets.jpgLe truc avec les randonnées hebdomadaires de l'Ermite, c'est qu'en plus de nous promener par monts et par côte de veau, maintenant il nous fait le guide historique. En ce moment, son truc, c'est l'habitat des peuplades pré-romaines qui ont vécu plus ou moins dans les parages, il y a pas mal de lustres et de candélabres, et avant que ladite peuplade ne se soit fait rétamer la gueule par César comme vous et moi. Sauf que notre Ermite âgé a une connaissance approximative et très personnelle de l'histoire des lieux. Il est certain d'être le petit fils du chef du village de Wasserwald, un Triboque qui s'appelait Petizizix Tringlorum, qui, pour fait de gloire, aurait déclaré: "Moi les Romains, tu sais ce que je leur dis? De toute façon c’est des quiches". Le druide de St Jean nous assure que c'est ici, sur les traces de ces ancêtres que le mythe fondateur de la Gaulle est né. Tant pis si, en fait, ladite tribu a passé à peine deux semaines dans le coin et pratiquait le sacrifice humain, pour lui, l'important c'est la rose et le mythe fondateur, il se démerde toujours pour métaphorer tout ça, montrer à quel point ça illustre le combat actuel contre l’oppresseur et la finance, parce que, inévitablement, il faut un oppresseur, sinon son histoire risque de moins bien marcher.

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C'est avec de vieilles soupes qu'on fait les meilleures casseroles

dans la catégorie Notre vin quotidien

Chimulus_Hollande2.jpgJe vais vous parler de vieilles soupes et, pour une fois, je vais épargner mon Ermite âge préféré. Non pas qu'il ne soit pas soupe au lait à l'occasion, même s'il nous fait souvent la soupe à la grimace quand le Bordeaux ne coule pas à flot, mais, sauf si vous étiez en vacance au fin fond du Boukistan, l'actualité du moment c'est le livre de Valérie "Rottweiler" Trierweiler "merci pour ce moment", un livre qui nous expose, par le menu, les prétendus galipettes présidentielles, mais aussi la farce cachée du Président, moins flamboyant que Flanby. Après que Sir François ait "trierweilé" (répudié) Valérie, comme il avait royalement "trierweilé" Ségolène il y a quelques années, c’est donc au tour de Valérie de subir le changement d’humeur du sir François. Il parait que ce livre est une abomination, une abomination qui raconte l'Abominable. Ce livre, que je n'ai pas lu, que je ne lirai pas, même un petit peu, revêt-il le moindre intérêt? C'est une bonne question, merci à moi de me la poser! Certains penseront qu'il peut être intéressant de savoir à quoi ressemble de plus près, de très près, presque dans l'intimité de la couche, celui qui se plaisait lors de sa campagne électorale à dire à qui voulait l'entendre qu'il serait un président normal, exemplaire, au comportement irréprochable. Que ceux qui ont cru à cette sauce se fasse monter une hollandaise.

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Sur les châteaux brillants, les mémoires d'août retombent

dans la catégorie Rencontres Officielles

LIT01A0Du fond de ma calèche, je regardais se lever les étoiles, c'est beau comme un chateaubriand, saignant sur quelques frites bien grasses. Les vacances sont terminées et je viens de finir les 607 romans de la rentrée littéraire. Y en a 2 ou 3 qui sont pas mal et 1 qui est même très bien mais il manque quelques pages intéressantes. Ces saines lectures m'ont ouvert les yeux, ce qui, premièrement est quand même plus pratique pour lire, mais ont aussi permis de faire remonter, de ma mémoire avinée, le souvenir d'un livre que je devais écrire. Oui, il y a quelques temps, très longtemps, en fait, mais après j’ai eu un appel urgent, j’ai décidé d'écrire un livre, un vrai, en papier, avec des numéros de page et tout. J’espère qu’il vous plaira, je voulais l'appeler: "Est-ce que vous vouvoyez quand t'as bu?", mais j'ai changé d'avis et je cherche encore l'inspiration.

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Panais de la dernière pluie à l'étable gourmande

dans la catégorie La tournée des Popotes

UUn temps à ne pas mettre une grenouille dehors, un temps où on entend les champignons pousser, le crapaud crapauter, le badaud crapahuter et, au détour d'une petite marche forestière, une halte gourmande à l'Etable Gourmande, une table et une étable qui porte très bien son nom, une affaire de famille, parfaite pour 3 épicuriens en balade, trempés comme une soupe de potiron, mais en moins rond. Un restaurant méconnu à l'ambiance bucolique, à quelques kilomètres de Sarrebourg, du Dabo et du Plan Incliné, sur la Route du Donon et des Cristalleries et de la faïencerie de Niderviller. Les Mutschler sont des autodidactes passionnés, Nathalie est picarde et assure le service avec talent, Pierre-Eric est strasbourgeois, créatif et chasseur. Après un passage dans le ciment, il a choisi de remplacer le plâtre par la farine pour se muer en aubergiste passionné. Sa cuisine est gourmande, raffinée, une cuisine du terroir, gastronomique et savoureuse qui mériterait certainement une petite étoile, mais qui préfère se la jouer champêtre et abordable. Il fait se rejoindre l'esprit local et de beaux produits, d'ici et d'ailleurs, en particulier des viandes et des charcuteries d'Auvergne, de grande qualité. Le pain, certaines charcuteries, le Foie Gras, les chocolats et bien d’autres choses sont fabriqués dans la cuisine par une chef soucieux de son indépendance. Ici, la cuisine, l'étable, le lieu, tout est Maison, convivial, chaleureux, tout le contraire du restaurant bobo, ex-bobo, néobobo, branchée, hispter, hotel-restaurant-l-etable-gourmande-plaine-de-walsch-1372862616.jpghype, cool où on tente de te faire passer des panais panés, de la betterave-burger ou de la glace de panais avec de la chantilly aux radis pour la 8è merveille du monde, en oubliant que nous sommes tous des hommes des cavernes, viandards et un tantinet machos. A une époque lointaine où on n’avait pas encore tellement inventé la montre et le calendrier, on divisait l’année en deux périodes, la période de la chasse, où il valait mieux ne pas être un mammouth si tu voulais couler des jours heureux, et la période de pas la chasse, où l’homme des cavernes restait dans sa caverne, regardait tomber la pluie et peignait des conneries sur les murs en mangeant du mammouth séché. Les présentatrices météo n'existaient pas encore, la météo non plus d'ailleurs, si bien que tu ne sais donc absolument pas combien de temps tout ça aller durer, mais la dernière fois ça avait été un peu long, quand jeanlruchrrr, un Ermite âgé, avait voulu re-re-re-raconter la blague des deux basilosaurus gays, ça a mal tourné, à cette époque, ça ce finissait souvent dans le sang, les larmes et le gourdin. Sacré jeanlruchrrr, lui qui avait toujours fermement milité contre le cannibalisme, qui aurait dit qu’il serait aussi pénible en ragoût?

Rully blanc Les Pucelles 2010 Jacquesson

Beau nez de fruit blanc, de pamplemousse, de tilleul avec une côté pierreux qui apporte un peu de complexité. La bouche est vive, grasse, ample avec beaucoup de fraicheur et une belle longueur. Bien+

Vosne-Romanée 2009 Arnoux-Lachaux

Un nez élégant et épicé, floral avec de la cerise noire et une touche de vanille. La bouche est ronde, droite, avec de beaux tannins veloutés, un fruit très mûr et une belle persistance.


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Piège de cristal ou murs de Cristal?

dans la catégorie Notre vin quotidien

clos-crital.jpgCe cristal-là est inconnu des Russes de la côte et se boit sans bulle. Ce n'est pas seulement du vin, c'est également une exception culturelle et une histoire extraordinaire. Un Clos qui nous raconte une histoire. Nous sommes au cœur du XIXe siècle, en pleine industrialisation. Antoine Cristal, fils d'un voiturier auvergnat, est venu s'établir dans le Saumurois et va traverser un siècle entier. Du petit bonnetier ambulant au célèbre vieillard de 93 ans, sa trajectoire sera exceptionnelle. D'une rare intelligence, malgré une formation modeste, une culture élémentaire, il va profiter pleinement d'un esprit curieux, pratique et pointu d'une grande clairvoyance. Millionnaire mais vivant plus que chichement, personnage bourru et solitaire, aux idées très arrêtées, il fera bien des envieux dans le milieu viticole dont il n'était pas issu mais auquel, faisant preuve d'une réussite insolente, il donnera quelques leçons. Il va faire fortune dans le drap, une de ses fabriques donnera même naissance, par ricochet à La Redoute. En 1886, le millionnaire, industriel, franc maçon, républicain et libre penseur, décide de changer de vie, il achète le château de Parnay, dans le vignoble de Saumur-Champigny, à deux pas d'où il est né et décide d'assouvir sa passion, devenir vigneron. On le prend pour un excentrique, mais lui sait qu'un jour on boira, à Saumur, un grand vin, comme en Bourgogne, région qu'il admire et qu'il boit avec ses copains, Clémenceau, Ferry, Gambetta. Il rêve de murs et de clos illustres.

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Dire l'air du temps sur le Belzbrunnen

dans la catégorie Notre vin quotidien

dirler2.jpgEt voilà, c’est fini les vacances, fin août et déjà un temps d'automne sur l'Alsace. J'ai passé un été à relire Germain Muller en admirant les brumes matinales sur le contrefort des Vosges et en mangeant du Munster, bref, j’ai encore foutu mon régime en l’air et ma brioche n'est pas encore retombée. Manger en Alsace, c’est, au bas mot, approximativement 6.261 calories par repas. Trois fois par jour. C’est bon. C'est calorique, même bioénergétique, mais que c'est bon. Et pour accompagner le munster, quoi de mieux qu'un Riesling? Dieu, et mes compagnons Soiffards, savent à quel point j'aime le Riesling, même Allemand! Le Riesling est un cépage que j’adore. Les mauvais Riesling, c'est comme les cons et les roux, ça m'insupporte! Boire un mauvais Riesling fait partie de ces moments qui te font prendre conscience de l'inanité de l’humanité, en général et des Hollandais en particulier.

Mais attention, lors des 30 prochaines années, le réchauffement climatique va bouleverser nos habitudes. Si les températures continuent de grimper, on ne produira plus de Riesling en Alsace, mais de la Syrah ou du Mourvèdre. D’ici 2050, la surface des terres favorables à la culture de la vigne en Europe pourraient être réduites de 68%, c'est les conclusions d’une étude de l’organisation non gouvernementale "Conservation National" aux Etats-Unis.riesling.jpgBon, si c'est les ricains qui le disent, faut les croire, c'est du sérieux, comme les armes de destruction massive en Irak, la fausse attaque du destroyer américain USS Maddox, qui déclenchera la guerre du Vietnam, le cigare de Bill Clinton, la maladie d'Armstrong, la zone 51 serait un camp de vacances et le "subprimes" seraient l'affaire du siècle et je ne parle même pas du fait que John Lennon, Elvis Presley, Bob Marley, Mickael Jackson, Jimmi Hendrick et Kurt Kobain feraient des bœuf monstrueux aux Galápagos. Mais le réchauffement peut avoir du bon, il est même assez jouissif d'imaginer le déclin des vins de Bordeaux, remplacés par des grands cru scandinaves ou Anglais. Mais rien ne remplacera le Riesling d'Alsace, cette éponge à terroir qui donne ses magnifiques et célèbres arômes pétrolés, cet équilibre entre sucre et acidité, entre gourmandise et austérité. Dans le vin, l'austérité a souvent de quoi faire fuir, l'austérité a parfois de quoi éblouir... Comme dans ce Riesling Belzbrunnen 2008 du Domaine Dirler-Cadé. Un Riesling issu d'une petite parcelle de grès, sous le Kessler, entre Saering et Spiegel. Le domaine a été fondé en 1871 par Jean Dirler, ancien instituteur qui renonça à sa carrière pour se vouer à la vigne et au vin. Aujourd'hui, son arrière-petit-fils, Jean Dirler, et son épouse Ludivine Cadé exploitent un domaine de 18 hectares. Le vignoble, cultivé en biodynamie, s'étend sur quatre grands crus illustres, qui appartenaient jadis à la puissante Abbaye de Murbach: Kitterlé, Saering et Kessler, sur la commune de Guebwiller, et Spiegel, sur Bergholtz.

Riesling Belzbrunnen 2008 Domaine Dirler-CadéImpression

Superbe nez, complexe, sur les agrumes, du pamplemousse, la paille, la pêche de vigne, la vanille, de très belles notes florales de chèvrefeuille et beaucoup de minéralité, pierre à fusil et pétrole. La bouche est grasse avec une belle tension qui accompagne un léger sucre et des arômes d'orange confite. Un modèle de riesling à la fois complexe, franc, tendu comme un arc, minéral comme je les aime et surtout gourmand. Très bien+

Domaine Dirler-Cadé
13, rue d'Issenheim
68500 BERGHOLTZ
Tél. 03 89 76 91 00



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