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Sur les châteaux brillants, les mémoires d'août retombent

dans la catégorie Rencontres Officielles

LIT01A0Du fond de ma calèche, je regardais se lever les étoiles, c'est beau comme un chateaubriand, saignant sur quelques frites bien grasses. Les vacances sont terminées et je viens de finir les 607 romans de la rentrée littéraire. Y en a 2 ou 3 qui sont pas mal et 1 qui est même très bien mais il manque quelques pages intéressantes. Ces saines lectures m'ont ouvert les yeux, ce qui, premièrement est quand même plus pratique pour lire, mais ont aussi permis de faire remonter, de ma mémoire avinée, le souvenir d'un livre que je devais écrire. Oui, il y a quelques temps, très longtemps, en fait, mais après j’ai eu un appel urgent, j’ai décidé d'écrire un livre, un vrai, en papier, avec des numéros de page et tout. J’espère qu’il vous plaira, je voulais l'appeler: "Est-ce que vous vouvoyez quand t'as bu?", mais j'ai changé d'avis et je cherche encore l'inspiration.

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Panais de la dernière pluie à l'étable gourmande

dans la catégorie La tournée des Popotes

UUn temps à ne pas mettre une grenouille dehors, un temps où on entend les champignons pousser, le crapaud crapauter, le badaud crapahuter et, au détour d'une petite marche forestière, une halte gourmande à l'Etable Gourmande, une table et une étable qui porte très bien son nom, une affaire de famille, parfaite pour 3 épicuriens en balade, trempés comme une soupe de potiron, mais en moins rond. Un restaurant méconnu à l'ambiance bucolique, à quelques kilomètres de Sarrebourg, du Dabo et du Plan Incliné, sur la Route du Donon et des Cristalleries et de la faïencerie de Niderviller. Les Mutschler sont des autodidactes passionnés, Nathalie est picarde et assure le service avec talent, Pierre-Eric est strasbourgeois, créatif et chasseur. Après un passage dans le ciment, il a choisi de remplacer le plâtre par la farine pour se muer en aubergiste passionné. Sa cuisine est gourmande, raffinée, une cuisine du terroir, gastronomique et savoureuse qui mériterait certainement une petite étoile, mais qui préfère se la jouer champêtre et abordable. Il fait se rejoindre l'esprit local et de beaux produits, d'ici et d'ailleurs, en particulier des viandes et des charcuteries d'Auvergne, de grande qualité. Le pain, certaines charcuteries, le Foie Gras, les chocolats et bien d’autres choses sont fabriqués dans la cuisine par une chef soucieux de son indépendance. Ici, la cuisine, l'étable, le lieu, tout est Maison, convivial, chaleureux, tout le contraire du restaurant bobo, ex-bobo, néobobo, branchée, hispter, hotel-restaurant-l-etable-gourmande-plaine-de-walsch-1372862616.jpghype, cool où on tente de te faire passer des panais panés, de la betterave-burger ou de la glace de panais avec de la chantilly aux radis pour la 8è merveille du monde, en oubliant que nous sommes tous des hommes des cavernes, viandards et un tantinet machos. A une époque lointaine où on n’avait pas encore tellement inventé la montre et le calendrier, on divisait l’année en deux périodes, la période de la chasse, où il valait mieux ne pas être un mammouth si tu voulais couler des jours heureux, et la période de pas la chasse, où l’homme des cavernes restait dans sa caverne, regardait tomber la pluie et peignait des conneries sur les murs en mangeant du mammouth séché. Les présentatrices météo n'existaient pas encore, la météo non plus d'ailleurs, si bien que tu ne sais donc absolument pas combien de temps tout ça aller durer, mais la dernière fois ça avait été un peu long, quand jeanlruchrrr, un Ermite âgé, avait voulu re-re-re-raconter la blague des deux basilosaurus gays, ça a mal tourné, à cette époque, ça ce finissait souvent dans le sang, les larmes et le gourdin. Sacré jeanlruchrrr, lui qui avait toujours fermement milité contre le cannibalisme, qui aurait dit qu’il serait aussi pénible en ragoût?

Rully blanc Les Pucelles 2010 Jacquesson

Beau nez de fruit blanc, de pamplemousse, de tilleul avec une côté pierreux qui apporte un peu de complexité. La bouche est vive, grasse, ample avec beaucoup de fraicheur et une belle longueur. Bien+

Vosne-Romanée 2009 Arnoux-Lachaux

Un nez élégant et épicé, floral avec de la cerise noire et une touche de vanille. La bouche est ronde, droite, avec de beaux tannins veloutés, un fruit très mûr et une belle persistance.


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Piège de cristal ou murs de Cristal?

dans la catégorie Notre vin quotidien

clos-crital.jpgCe cristal-là est inconnu des Russes de la côte et se boit sans bulle. Ce n'est pas seulement du vin, c'est également une exception culturelle et une histoire extraordinaire. Un Clos qui nous raconte une histoire. Nous sommes au cœur du XIXe siècle, en pleine industrialisation. Antoine Cristal, fils d'un voiturier auvergnat, est venu s'établir dans le Saumurois et va traverser un siècle entier. Du petit bonnetier ambulant au célèbre vieillard de 93 ans, sa trajectoire sera exceptionnelle. D'une rare intelligence, malgré une formation modeste, une culture élémentaire, il va profiter pleinement d'un esprit curieux, pratique et pointu d'une grande clairvoyance. Millionnaire mais vivant plus que chichement, personnage bourru et solitaire, aux idées très arrêtées, il fera bien des envieux dans le milieu viticole dont il n'était pas issu mais auquel, faisant preuve d'une réussite insolente, il donnera quelques leçons. Il va faire fortune dans le drap, une de ses fabriques donnera même naissance, par ricochet à La Redoute. En 1886, le millionnaire, industriel, franc maçon, républicain et libre penseur, décide de changer de vie, il achète le château de Parnay, dans le vignoble de Saumur-Champigny, à deux pas d'où il est né et décide d'assouvir sa passion, devenir vigneron. On le prend pour un excentrique, mais lui sait qu'un jour on boira, à Saumur, un grand vin, comme en Bourgogne, région qu'il admire et qu'il boit avec ses copains, Clémenceau, Ferry, Gambetta. Il rêve de murs et de clos illustres.

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Dire l'air du temps sur le Belzbrunnen

dans la catégorie Notre vin quotidien

dirler2.jpgEt voilà, c’est fini les vacances, fin août et déjà un temps d'automne sur l'Alsace. J'ai passé un été à relire Germain Muller en admirant les brumes matinales sur le contrefort des Vosges et en mangeant du Munster, bref, j’ai encore foutu mon régime en l’air et ma brioche n'est pas encore retombée. Manger en Alsace, c’est, au bas mot, approximativement 6.261 calories par repas. Trois fois par jour. C’est bon. C'est calorique, même bioénergétique, mais que c'est bon. Et pour accompagner le munster, quoi de mieux qu'un Riesling? Dieu, et mes compagnons Soiffards, savent à quel point j'aime le Riesling, même Allemand! Le Riesling est un cépage que j’adore. Les mauvais Riesling, c'est comme les cons et les roux, ça m'insupporte! Boire un mauvais Riesling fait partie de ces moments qui te font prendre conscience de l'inanité de l’humanité, en général et des Hollandais en particulier.

Mais attention, lors des 30 prochaines années, le réchauffement climatique va bouleverser nos habitudes. Si les températures continuent de grimper, on ne produira plus de Riesling en Alsace, mais de la Syrah ou du Mourvèdre. D’ici 2050, la surface des terres favorables à la culture de la vigne en Europe pourraient être réduites de 68%, c'est les conclusions d’une étude de l’organisation non gouvernementale "Conservation National" aux Etats-Unis.riesling.jpgBon, si c'est les ricains qui le disent, faut les croire, c'est du sérieux, comme les armes de destruction massive en Irak, la fausse attaque du destroyer américain USS Maddox, qui déclenchera la guerre du Vietnam, le cigare de Bill Clinton, la maladie d'Armstrong, la zone 51 serait un camp de vacances et le "subprimes" seraient l'affaire du siècle et je ne parle même pas du fait que John Lennon, Elvis Presley, Bob Marley, Mickael Jackson, Jimmi Hendrick et Kurt Kobain feraient des bœuf monstrueux aux Galápagos. Mais le réchauffement peut avoir du bon, il est même assez jouissif d'imaginer le déclin des vins de Bordeaux, remplacés par des grands cru scandinaves ou Anglais. Mais rien ne remplacera le Riesling d'Alsace, cette éponge à terroir qui donne ses magnifiques et célèbres arômes pétrolés, cet équilibre entre sucre et acidité, entre gourmandise et austérité. Dans le vin, l'austérité a souvent de quoi faire fuir, l'austérité a parfois de quoi éblouir... Comme dans ce Riesling Belzbrunnen 2008 du Domaine Dirler-Cadé. Un Riesling issu d'une petite parcelle de grès, sous le Kessler, entre Saering et Spiegel. Le domaine a été fondé en 1871 par Jean Dirler, ancien instituteur qui renonça à sa carrière pour se vouer à la vigne et au vin. Aujourd'hui, son arrière-petit-fils, Jean Dirler, et son épouse Ludivine Cadé exploitent un domaine de 18 hectares. Le vignoble, cultivé en biodynamie, s'étend sur quatre grands crus illustres, qui appartenaient jadis à la puissante Abbaye de Murbach: Kitterlé, Saering et Kessler, sur la commune de Guebwiller, et Spiegel, sur Bergholtz.

Riesling Belzbrunnen 2008 Domaine Dirler-CadéImpression

Superbe nez, complexe, sur les agrumes, du pamplemousse, la paille, la pêche de vigne, la vanille, de très belles notes florales de chèvrefeuille et beaucoup de minéralité, pierre à fusil et pétrole. La bouche est grasse avec une belle tension qui accompagne un léger sucre et des arômes d'orange confite. Un modèle de riesling à la fois complexe, franc, tendu comme un arc, minéral comme je les aime et surtout gourmand. Très bien+

Domaine Dirler-Cadé
13, rue d'Issenheim
68500 BERGHOLTZ
Tél. 03 89 76 91 00



Apocryphe gnostique ou l'évangile selon Jean-Luc

dans la catégorie Notre vin quotidien

avangile_jean-luc.jpgTandis que ses disciples parcouraient nerveusement les allées de pommard pour trouver remède à leur invertebrétitude, Jean-Luc se fit couler un grand verre d'Evangile. Le Messie de Pomerol se dirigea d'un pas givrés vers sa cuisine, il prit un gros sac vert rempli de morceaux d’aveugles, les inséra dans sa chaine Hifi, puis s'allongea. Si un morceau d'aveugle peut chanter, il doit savoir d’où vient le vent, confia-t-il à sa lampe de chevet. Puis il s'adressa à ses disciples imaginaires. "Peu importe où vous irez, mais défendez le Bordeaux, contre vents et marées, surtout en Bretagne, en Grande-Bretagne et même en petite Bretagne, frappez aux portes et demandez aux gens s’ils veulent que le royaume des Bordeaux entre chez eux. S’ils refusent, maudissez leur canapé et vomissez leur déco". "N’est-ce pas un tantinet négatif comme approche?" demanda Dominique de Pauillac. "Si tu le dis avec conviction, le sourire et une bonne baffe dans sa gueule, ça passe" répondit le messie de Pomerol. "Certains vous haïrons du fait que vous annoncez le royaume des Bordeaux, ils vous persécuterons et ils vont vouloir vous empaler sur des douelles de Bourgogne. Ce sont tous des jaloux, des rigolos plein de poils. Si on vous martyrise, changez de ville, en fait changez de ville tout de suite car c’est évident qu’on vous persécutera". Saint Jean-Luc prit une gorgée d’Évangile et s’en gargarisa la gorge. "Soyez assurés qu’aucun petit Bordeaux n'est recraché sans que Dieu ne le veuille, des Cabernet d'Anjou, peut-être… mais pas des Bordeaux. Fini le temps des cathédrales, voici venu le temps des rives droites. Mes biens chers frères, mes biens chères sœurs, votre calvaire est enfin terminé, depuis la nuit des temps, les religions nous ont aveuglé en promettant un paradis après la mort, mais le véritable Paradis est ici, à Pomerol. Jésus a changé l'eau en vin et non l'inverse, je vous le dis en vérité, la réponse, celle qui soulagera enfin votre âme et votre portefeuille, celle qui effacera vos doutes et vos peurs, celle qui occupera votre vie de la naissance à la tombe, cette réponse mes frères, cette unique voie, celle de la croyance éternelle, c'est le Pomerol et le St Emilion! Suivez le guide, recevez l'onction bachique au Clos des Jacobins, Pavie de certitude, faisons sonner l'Angélus, prions ensemble le Dieu Pétrus arrivé sur son Cheval Blanc au Beauregard, bénissons la Déesse Ausone, le Bon Pasteur nous lira l'Evangile sans Clinet des yeux, il nous fera l'Epitre et le Pin dans l'Oratoire, Hosanna, la religion vinique c'est le polonium du peuple, la messe est dite. Ite missa est ! Mea culpa, mea maxima culpa. Le bordeaux, ça fait pas mal au dos". Sur ce, il savoura son verre de Pomerol, il est aux anges, ce qui infirme la rumeur qui voudrait qu’ils soient aux hormones, et il se dit qu'il avait fait le bon choix. Pour passer à la postérité, il faut, soit buter quelques millions d’êtres humains, soit séquestrer et violer des femmes dans sa cave, soit inventer une religion sympa soit les trois ou alors plus simplement inventer un vaccin ou même mieux, une maladie. Lui, il est malade du Bordeaux, je suis désolé mais la famille de Gille de la Tourette est désormais mondialement connue alors qu'Armand Cirrhose réclame encore ses droits d’auteur. Merde alors…

Pomerol Château l’Évangile 2003evangile.jpg

Le nez déploie de très beaux arômes chocolatés, de fruits noirs, d'épices, de tabacs, une pointe végétale et un peu de bois. La bouche est ample, riche, les tannins serrés et assez doux, l'acidité basse et la finale longue et encore sur le chocolat. Un Pomerol agréable qui possède une certaine classe, mais manque de définition. Très bien

Des babouches, une danse du ventre et fais-moi du couscous, chérie

dans la catégorie Rencontres Amicales

danse_orientale.jpgSalam haleïkoum, quand ma femme m'a demandé ce que je voulais pour mon anniversaire, j'ai instantanément chanté: "fais-moi du couscous, chérie". Pourquoi du couscous? J'aurai pu opter pour une danse du ventre libidineuse, mais, d'après un sondage SOFRES, le couscous est l'un des plats préférés des Français! Cocasse non ? Après le magret de canard et la moule-frites, mais devant l'hexagonale et bien franchouillarde blanquette de veau. Le couscous est même premier dans l'est de la France, devant la choucroute! Là, ça frise le blasphème. Et encore, les réponses ne sont pas forcément sincères, c’est toute l’ambiguïté des sondages, il arrive même qu’elles reflètent une réalité plus fantasmée que vécue. Un exemple, quand on demande aux téléspectateurs quelle est leur chaîne de télé favorite, ils répondent tous TF1 et juste après, Arte. Quand on sait que la chaine Intello-Franco-Allemande est regardée par moins de 5% de français, on peut se poser des questions et ne pas avoir la bonne réponse. Vous en connaissez beaucoup, vous, des inconditionnels d'Arte? Il est certainement plus valorisant de citer Arte que d’avouer qu’on regarde de la daube pour décervelé disponible. Arte, c'est comme la blanquette, ça renvoie des valeurs patrimoniales, c'est un produit bien français, culturel même. Comme la poule au pot, elle symbolise notre identité nationale. Le couscous, c'est une autre histoire, celle de l'assimilation, un plat babouche_et_couscous.jpgde fête qui en franchissant la Méditerranée, est devenu populaire. Le couscous, c'est une danse du ventre, un repas équilibré à lui seul. Des céréales, des légumes, de la viande ou du poisson, c'est bon, c'est digeste et… c'est pas cher. Pour les mariniers, adeptes du flan national qui pensent que le couscous ce serait bien meilleur si on mettait des saucisses de Toulouse à la place des merguez, du lard et du saucisson à l'ail à la place des légumes, et des fayots à la place de la semoule, pour les nostalgiques, envahis par des mirages de blanquette et des rêves de sauce blanche qui pensent défendre la cuisine traditionnelle française, mais qui mangent aux fast-foods des sushis avariés, je leur ferai remarquer qu'il vaut mieux avoir une petite bien piquante qu'une grosse fade, et si ça ne suffit pas, il leur restera les pastilles Vichy… et bon anniversaire!

Champagne cuvée 736 (magnum) Jacquesson

La Cuvée 736 est un assemblage composé de 53% de chardonnay, 29% de pinot noir et 18% de pinot meunier. La vendange 2008 est complétée par les récoltes 2006 et 2007. Un nez de fruit jaune, d'agrume, d'épices et un léger grillé. La bouche est ronde, mûre, bien équilibrée et la finale est fraiche. Un bon Champagne, pas renversant, mais bon. Bien+

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Loin des œufs mayonnaise, loin du cœur

dans la catégorie La tournée des Popotes

la-vieille-tour.jpgJe suis un épicurien épicurieux, alors, quand on me propose d'aller manger un œuf mayo, je suis toujours partant, surtout si on a, préalablement, prononcé le mot truffe. Je suis une truffe mais je sais que la truffe, le nom vernaculaire donné à la fructification comestible d'un champignon ascomycète ectomycorhizien, qui se présente généralement sous une forme plus ou moins globuleuse, associée à l'œuf, est un met dont je raffole. Je suis capable de vendre mon ami l'Ermite Agé pour une truffe, pour une boite de sardine aussi, pour un peu n'importe quoi, pourvu que ça se mange…

Direction la petite France, avec ses canaux, ses maisons à colombages, ses ruelles étroites et ses restaurants plus ou moins sympathiques. À la lisière du quartier, Emmanuel Lercher, ancien second de Westermann, dirige le restaurant "La Vieille Tour". Un accueil agréable, petite et jolie salle, affiches humoristiques Tomy Ungerer sur les murs, on cultive la tradition jusque dans la déco, la carte est inscrite sur un grand tableau, menu du marché, Emmanuel Lercher ajoute quelques saveurs et influences méridionales. Bref tout va bien. Pas de traditionnelle brouillade aux truffes, mais un œuf mayonnaise (maison), quelques queues d'écrevisses et des truffes pour commencer. On aurait pu choisir les piments doux farcis à la chair de tourteaux, le foie gras maison aux figues ou l'andouillette 5A rôtie ou les "maatje", appelé aussi hareng vierge ou Hollandais nouveau, mais on a préféré le paleron confit 72 heures dans un bon vin rouge que l'on a accompagné d'un Pibarnon 2008. Le vin, encore un peu jeune, aurait mérité un petit carafage pour mieux révéler ses notes d'encre, de pruneau, de graphite et de fruits noirs et étoffer sa bouche minérale et sa finale mentholée, presque truffée. Bref tout va bien, ambiance calme et détendue, la cuisine est sans artifices, sans prétention, mais elle pourrait très bien en avoir, des produits frais cuisinés avec générosité, une carte des vins qui gagnerait à être étoffée, bref, juste un bon restaurant comme il y en a peu, malheureusement… Mais comme nous le savons tous, c'est dans les Vieilles Tours qu'on fait la bonne soupe ...

LA VIEILLE TOUR
1, Rue Adolphe Seyboth - 67000 Strasbourg
03 88 32 54 30

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Belle et rebelle ou moche et remoche

dans la catégorie Notre vin quotidien

belle_et_rebelle.pngParfois, dans la vie, tu sais que ce que tu fais est mal, mais tu ne peux pas t’empêcher de recommencer. T’es là, tu te sens très con, tu sais que tu te fais du mal et t’y prends même plus de plaisir. Certains fument par plaisir, d'autres pour mourir, tu te demandes si t’as pas déjà fait la même métaphore et pourtant, tu recommences. J'ai replongé, j'ai regardé Secret Story, pourtant je m'étais juré de ne plus regarder cette daube que même Franck Lebœuf n'aime pas, c'est dire le niveau d'inculture. Si tu es né hermaphrodite et que tu veux changer de sexe, cette émission est pour toi, si tu es un vampire et que tu préfères Barbara Cartland à Amélie Nothomb, cette émission est pour toi, si tu as été miss Neuilly et otage d'Human Bomb, tu es à ta place, si tu es le croisement d'un Schtroumpfs et d'un Troll Elfique, tu feras surement un bon candidat, voire un bon présentateur, surtout si tu es en manque de grammaire et plus stupide que les candidats eux-mêmes. Le boulot est simple, tu dis n’importe quoi pourvu que ça vienne de ton oreillette.

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Avec Pline, le chaud lapin, c'est l'amour du râble

dans la catégorie Notre vin quotidien

Histoire_Naturelle_Pline_l_Ancien.jpgJe ne sais pas si Pline était un chaud latin, mais en relisant Pline dans mes latrines et dans le texte tout en buvant un Yop à la pêche, je suis resté estomaqué par son traité d'histoire naturelle et en particulier le passage qui traite des remèdes tirés des animaux. On ne se méfie jamais assez de ce que l'on mange, même quand c'est du lapin, et pourtant, j’adore le civet. Puisque l'homme est un animal pour l'homme, commençons par lui. Se scarifier les gencives avec une dent d'un homme mort de mort violente est un excellent remède pour le mal de dents alors que le fiel de l'homme guérit les cataractes. La salive d'un homme à jeun est le premier des antidotes contre les serpents, les furoncles et l'épilepsie mais fait crever les scolopendres marines, ainsi que les rubètes et les grenouilles. Le cérumen guérit les blessures faites par les scorpions et les serpents. Les personnes blessées par les serpents et les scorpions sont également soulagées par le coït, mais les femmes qui s'y prêtent souffrent de cette copulation, le fluide spermatique est aussi un remède contre les piqûres des scorpions. Pline fait remarquer qu'aucun animal n'aime à boire chaud, et qu'ainsi, boire chaud n'est pas naturel, Il prouve ainsi que pour empêcher la mauvaise haleine, il faut se laver la bouche avec du vin avant de s'endormir, mieux, le remède le plus utile est, pour quelques jours, de s'abstenir de tout aliment et boire seulement du vin. J'applique ces remèdes et je me porte très bien.

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Marche ou rêve de Fourtet

dans la catégorie Notre vin quotidien

chaussures-de-randonnee.jpgUne légère brise souffle sur ma nuque, la transpiration coule dans mon dos, je souffle comme Moïse devant la mer rouge et je me souviens du temps où je pouvais monter les escaliers en courant sans appeler immédiatement SOS Asphyxie. Je sens monter l'hypoglycémie, je regarde plus haut, putain la montée va être longue. A côté de moi, l'Ermite âgé saute de rocher en rocher, sans aucun problème, persuadé d’être la réincarnation d'un Sherpas mort de faim sur l'Everest. Il cavale comme un cabri myxomatosé, la barbe au vent, il ne glisse jamais, même quand un caillou glisse sous ses pattes arrière, aucun problème d'équilibre, il dévale une pente très raide en courant, se stoppe net et remonte la pense sans souci pendant que je crache mon dernier morceau de poumon. L'Ermite, malgré ses 125 ans bien tassé, est devenu accro à la marche forcée, ça lui a pris comme une envie de boire du Châteauneuf, comme Eve Angeli est apparue à Bernadette Soubirou. Enfin, tout ça pour dire que j'aimerais être ailleurs, mais où ? Quels sont les endroits qui me font rêver? Je vous donne un indice, ça n’est pas dans le Gévaudan, ni dans les Vosges, ni dans les Alpes, ni en banlieue parisienne, ni en Corse, ni au Népal, ni à Madagascar ou à la Réunion, pas plus en Patagonie que dans la neige du Kilimandjaro, même pour m'en faire un blanc manteau où je pourrais dormir. C'est encore moins à Vegas, Tartare_fraise.JPGmême à une table de poker, entouré de Russes blancs vides, servis par de plantureuses bimbos décolorées aussi distinguée qu'une bouche pleine peut le permettre. Je rêve de devenir huissier de justice et de boire du Pauillac midi et soir, mais ça va être difficile à avouer. Je rêve d'être arrivé, de me servir un bon verre de Tavel bien frais, de manger un tartare de saumon, menthe fraiche, avocat, fraises et pâte kadaïf, de me griller une belle côte de bœuf accompagnée d'une vague recette de patate, mi Welschoise, mi portugaise accompagnée d'un pas trop vieux Clos Fourtet, avant de finir cette journée estivale, attablé à la terrasse d'un salon de thé, suçotant ma glace à l'abricot, imaginant le petit soulèvement des jupes des filles qui laisse deviner piercing et ticket de métro, les époques changent, pas les rêves.

Pouilly-Vinzelles Les Quarts Cuvée Millerandée 2011 La SoufrandièreSoufrandiere_Quarts.jpg

Le nez est puisant, expressif, sur les agrumes confits, la poire, les fleurs blanches, avec également des notes de truffe blanche et d'anis. La bouche possède un joli gras, de la rondeur, des notes de beurre associées à une belle minéralité terminale. Très bien

Tavel Reine des Bois 2012 Domaine de la Mordorée

Beaucoup de fruits rouges acidulés au nez, bonbon anglais, bergamote, épices. La bouche est ample, concentrée, très vineuse. Un rosé qui se marie très bien avec le tartare de saumon, même si on peut regretter une petite pointe de chaleur alcooleuse et, avec le réchauffement, une légère amertume en finale. Bien+

St Emilion Clos Fourtet 1999clos-fourtet.jpg

Belle robe rubis, légèrement tuilée sur le bord. Un nez très classique, mûre, cassis, graphite, épices et de petites touches de truffe et de cèdre. La bouche est fraiche, vive, pas très dense, les tannins sont fins, limite poudreux, l'acidité tend la finale encore fruitée. Excellent


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