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De la maïeutique néo-classique appliquée aux boloss

dans la catégorie Rencontres Amicales

tolldeblog.jpgCette semaine, Gertrude-Kévina, ma "community manager" imaginaire, m'a convoqué dans son bureau imaginaire pour faire le point sur ce blog. " Mortecouille, orchidoclaste, meus ton séant céans ou ce blog est occis, tes grotesques zinzinulations font à peu près autant d’effet qu’un strip-tease de Jean-Pierre Raffarin", me dit-elle dans son français des quartiers. C'est vrai qu'elle est née dans un quartier de Gstaad et qu'elle n'insulte personne sans le cautionnement de Nadine de Rothschild. Je tentai vaguement de glisser une blagounette sur le fait que des pandas roux auraient été aperçus au Boukistan, mais la pointe de consternation qui a fait soubresauter son nez aquilin, m'a stoppé net.
- J'ai bien pensé au sexe, mais comme tu es imaginaire et communiste, je préfère qu'on reste camarade.
- Tu as pensé aux tutos tricot et crochet, ça revient à la mode et ça plaît à la ménagère de plus de 50 ans, l'Ermite pourrait s'en charger, et la cuisine, tu aimes la cuisine? Tu pourrais aussi raconter ta vie de soiffard sur un ton décalé et désabusé? Ça peut marcher!
- Hier, j'étais aux impôts et j'ai mangé du poulet, c'est assez décalé? En plus, c'est un peu ce que je fais déjà, non?
- C'est pas faux…Trouvons autre chose. Et si on utilisait les trolls qui se cachent dans la jungle de l’internet? On lance un débat bien trollesque, du genre capable d'atteindre le point Godwin en moins de temps qu'il n'en faut à L'Ermite pour faire une vanne scabreuse, apparition d’insultes, analogie avec le fascisme, le communisme, le racisme, l'antipatriotisme, l'exorcisme, le sexisme, le ptyalisme, le truisme, le zwinglianisme et le latitudinarisme (j'ai des actions chez wikipédia). On recentre le débat, redérapage dans la foulée et on balance un "don't feed the troll" tous les cinq messages. Si avec ça, ça ne décolle pas, c'est à désespérer des trolls. T'as une idée d'appeau à troll?

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Le temps, c'est du vin

cork-taint.jpgUne fois n’est pas coutume, j’aimerais vous parler de quelque chose de très sérieux. Aujourd’hui, j’ai compris que ce besoin de faire rire, cette manie d’être souvent, je vous l'accorde, désopilant, hilarant, drôle, parfois même amusant cachait un mal-être profond, dissimulé sous un voile d’ironie persiflante bien qu'un tant soit peu affectée et frappée d'une roideur maladive. Comme le dit si justement le philosophe Calogero, on peut s'aimer, se désaimer, on ne ressemble, qu'à ce qu'on fait, on est semblable à ce qu'on est. Attention, je ne te parle pas de désaimer les 1458 pages Facebook que tu as liké cette semaine, je te parle de ne plus chérir un truc que tu as beaucoup aimé. L’expérience, c’est bien, mais des fois pas. L'expérience, c'est ce qui fait de nous une personne différente. On nait bloc de terre en glaise, mais en France, puis, les expériences, bonnes ou mauvaises, les autres, nous façonnent. J'entends déjà l'Ermite me dire: On est loin du pinard? Pas tant que ça. Le vin, son apprentissage, son éducation devrais-je dire, l’apprivoisement de son gout, la recherche de son propre gout, c’est quelque chose de progressif et chacun, à son rythme, nous avançons à force d'expérience. Les gouts changent, mais le plaisir est immuable. C'est le plaisir qui me guide, mais mon gout, c'est différent. Pas mal de bouteilles que je buvais avec plaisir, ne me font plus du tout envie aujourd'hui. Le gout, c’est dire: "ce produit (je n'aime vraiment pas ce mot), cette bouteille contient un vin bien réalisé, sans défaut", pas de faute de gout, mon gout, c'est de dire : "même s'il est irréprochable, ce vin ne me convient pas, je n’ai pas envie de le boire". L'envie, c'est le désir, c'est personnel. Cela correspond à ma personnalité, mon expérience, ma curiosité, mes envies, ma philosophie. Une philosophie qui s'est construit, petit à petit, en avançant, à coup de rencontre et de hasard de la vie. Choisir, c'est renoncer! Privilégier certains vins, c’est aussi en mettre d'autre à l'écart, mais on n'est jamais vierge de ses erreurs, alors on les assume.

Morey-Coffinet Chassagne 1er cru Morgeot 2007morey-coffinet_Morgeot.jpg

Quand je bois un Morgeot, j'attends un vin riche, structuré, étoffé, corsé voir tannique, sur le fruit mais avec cette profondeur terrienne que j'aime tant. Et là, je ne suis pas en phase avec mon verre. Un nez relativement simple, cerise au kirsch, groseille, une pointe chocolatée et beaucoup de végétal. Un nez sans relief, mais le vrai drame, c'est la bouche, un manque de structure, des tannins pas fondus, une sensation d'alcool saillante, un fruit évanoui et une longueur … pas longue! Bref, pas terrible. J’ai tout essayé, carafer, bouche à bouche, attendre le lendemain, massage cardiaque, rien à faire ce vin est définitivement disparu.

PS: J'aime beaucoup le Domaine Morey-Coffinet (surtout pour ses blancs), j'ai souvent rencontré Thibault Morey, jeune homme charmant et discret, mais surtout vigneron sage et talentueux, mais comme l'a écrit Montaigne: "Il ne faut pas toujours dire tout, car ce serait sottise; mais ce qu'on dit, il faut qu'il soit tel qu'on le pense, autrement c'est méchanceté."


Le bon selon Bob

dans la catégorie Culture Vineuse

Bob.jpgQui ne connait pas Bob l'éponge, alias Robert M. Parker Jr, fondateur de Wine Advocate, des Guides des vins de Bordeaux, de Bourgogne, de mars, de pluton et d’ailleurs. Référence planétaire, cosmique, absolue, universelle, ou simple gourou coucou auto-proclamé par l'Empire State of Bordeaux? Personne ne peut raisonnablement contester son influence sur le monde du vin et de ses achats. On oppose souvent Bob, le suppôt des vins modernes et technologiques aux terroiristes, aux défenseurs du vin local. Le vin moderne serait simplement fabriqué, marketé, puissant, extrait, bidouillé, médiocre voir frelaté, alors que le vin de terroir serait le merveilleux résultat d'une adéquation vigneron, climat et terroir, magnifié par la minéralité, le romantisme et la nostalgie. Bob contre les Bisounours. Faut-il obligatoirement choisir son camp, doit-on rester neutre ou en phase (blague d'électricien)? Le goût Parker serait simple à définir, il aime les vins aux couleurs d'encre, fruité comme un smoothie, concentré comme un fakir sur ses clous, brutal comme un uppercut au foie, alcooleux, tannique et plus boisé que la datcha d'un apparatchik Moldave.

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Supérieures aux normales saisonnières

dans la catégorie Notre vin quotidien

normality.jpgIl fait beau, je mange, je bois, je travaille un peu, je dors… Chaque journée est plus ou moins semblable à la précédente. Une semaine normale. Mais, peut-on vraiment savoir où commence l'anormal et ou s'arrête le normal? Qui est capable de définir cette notion? Philosophiquement et médicalement, personne n'a encore résolu l'équation, puisque, plus vaste est la compréhension, plus profonde est l'illusion. Le plus intelligent est donc le moins normal. Si vous avez un doute, demandez à notre président normal, s'il est normal d'être anormal, et s'il est normal de voter pour un type normal afin de se débarrasser d'un président anormal. Bref, comme chaque jour, je me lève, je te bouscule, comme d'habitude, je me connecte, je checke, mes mails, twitter, face de bouc, mes stats, je synchronise, je download, j'upload, je like, je Google agenda, je remenber mon milk et je mate ma liste de choses à faire, et je la trouve atrocement longue, infaisable, insurmontable. Mais j’ai passé un pacte avec moi-même, alors je prends mon déj et je me recouche en me disant que c'est toujours mieux que de traîner toute la journée en jogging, avachi sur le canapé.

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Comme je l'imagine à Sion

dans la catégorie Inclassables mais classés

imagination.jpgÇa y est, c'est la gloire, l'amour et la beauté assuré! Dans pas longtemps, je passerai sur FR3 et les ricains seront fous de ma pomme et suivront mon pipo comme d'autres suivent un régime, la route de la soif ou un sens qui toujours leur échappe. On me lira de Bangkok à Honolulu, du Cap à Kangerlussuaq, voire même près de chez-moi. Je vais développer un bizness qui va déchirer, je vais fonder une multinationale du consulting vino-foireux qui va surtout enrichir une armée de juristes pour me protéger le derche des frondes successives et syndicales de mes employés tiers-mondistes sous-payés. Depuis qu'Hervé Bizeul me fait de la pub sur son blog, mes connexions ont doublé. Je suis passé de rien à presque rien en quelques heures. Le titre de son post (ici), c'est "trouver le temps d’écrire", c'est vrai que c'est un vrai problème, mais la bonne question est, "dois-je avoir de l’imagination?" Comme ça, au débotté, je te répondrais, évidemment, c'est cool d'avoir de l'imagination, par exemple… bon là je n'ai pas d’exemple qui me vienne en tête, mais, bon, je ne sais pas, par exemple… tient, imagine que Martin Luther King ait dit, j'ai fait un rêve... mais je ne m'en souviens plus, bon, et là… enfin, bon, ouais, c’est super, l’imagination. Mais faut faire attention avec l'imagination, elle n'est pas toujours bonne conseillère, imagine que tu es John Lennon, et là ça craint. De plus, l’imagination est parfois légèrement surfaite, un peu comme les Bordeaux jeunes ou la démocratie, mais pour des raisons très différentes.

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Trop choux les pandas roux

dans la catégorie Rencontres Amicales

panda.jpgDe quoi vais-je mourir? C’est une putain de bonne question que je me suis posé à midi en finissant sans conviction mon gratin de choux fleurs. Le choix est vaste, mais malheureusement, j’ai bien peur de ne pas avoir trop le choix le moment venu. Il y a bien le suicide, c'est vrai que j'aime bien organiser les choses, mais d'une, j’ai peur de me faire mal, de deux, je suis trop peureux et de trois, je ne vois pas l’intérêt immédiat. Même si je devais être torturé par des Tchétchènes sous acide qui feraient chauffer une pince à escargots au chalumeau en me précisant, dans un russe approximatif, que mes parties génitales risquent de ressembler à s’y méprendre à un crumble aux cacahouètes, ce serait niet. Mais pourquoi diable des Tchétchènes viendraient chez moi me séquestrer, voler mes pinces à escargots et envisageraient de me torturer en transformant mes virils attributs en crumble même pas bon en plus? Même si l’avenir de l’humanité en dépendait, le suicide, ce serait niet. Pourtant je vous aime bien et tout, vous êtes de gars sympa, mais ce serait niet quand même. Je suis contre la violence, surtout contre moi, je ne finirai pas suicidé. Mais si je ne finis pas auto-occis, comment donc vais-je finir? Scalpé par le dernier des mohicans, dissout par Jacques Chirac, étouffé par un étouffe-chrétien, asphyxié par un pet de nones, fumé par une baba-cool allemande avant son oral de français, sniffé par Keith Richards, distillé par Gérard Depardieu, boisé par Dominique Laurent, savaté par Achille Savata et Achille Talon réunis, attaqué et dévoré par des pandas roux. Personnellement, j’hésite entre être dissout par Chirac et distillé par Gégé, même si la politique et le cinéma font bon ménage, j'hésite encore, le plus flippant, c'est les pandas roux, depuis que, près de chez moi, le parc animalier en a recueilli trois, je ne dors plus sans mon semi-automatique et mes 3 grenades défensives, tout arrive si vite de nos jours!

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Le poker: un Steve Job d'été

dans la catégorie Notre vin quotidien

poker_chips.jpgIl y a peu, dans un journal économique, je suis tombé nez à nez avec une connerie gigantesque : "contraintes ubuesques, pressions hiérarchiques, obsession du chiffre, de plus en plus de salariés éprouvent de la honte à devoir bâcler leur travail. Une souffrance morale contre-productive." Turbiner comme un stakhanoviste "old school", tu m'étonnes que si ça ne te laisse pas le temps de glander, ça te fout les glandes et que t'as pas la patate à te faire péter la pile alcaline pour qu'elle revienne (celui qui a compris le jeu de mots gagne un chewing-gum usagé). Le mieux, c'est quand même d'avoir un job qui déchire sa race, un job qui te fait gagner plein de maille sans arrêter de te la coincer. Bref, un Steve Job! C’est vrai, être riche à brasser des billions comme on manie du PQ, ça doit être aussi cool qu'une pluie acide sur le Lac Titicaca. Tu dois te morfondre dans une sorte de désarroi esthétique où tu enchaînes les vacances à St Bart, les "garden party" nazebrocques avec des vieilles jetseteuses si liftées, liposucées, botoxées qu’on dirait des Barbies en peau de zob. Non, c'est surement mieux que de faire 10 heures derrière une machine plus conne que Mathilde Seigner et Sophie Marceau réunies.

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Quand M.Jolie pétille dans le Limoux

dans la catégorie Inclassables mais classés

brad-pitt.jpgIl rêvait d'une belle histoire, de faire du vin dans un bel endroit. Entouré de cèdres du Liban et de pins parasols, 200 hectares de forêts et de vignes, une zone très riche de biodiversité, notamment par les nombreuses orchidées présentes dans les forêts. Chevreuils et lièvres traversent la propriété à la nuit tombée. Parfois également quelques sangliers. Il rêvait de Château en Espagne, il avait envie d’une autre histoire qui le rapprocherait des tartares, des Wisigoths, des templiers, des brigands, des nomades arabes, des sarrasins, de légende et de princesse. A mi-chemin entre Carcassonne et Limoux s'élève le Château de Gaure. À la recherche d’un lieu susceptible de plaire à sa Jolie, il a tout de suite eu un coup de cœur pour ce lieu paisible où on fait un excellent blanc de Limoux. Il, c'est Brad Pitt, non comptant, pardon, non content de signer toutes les bouteilles de son Miraval Provence (ce qui, même pour quelqu’un qui est habitué à signer des autographes, doit lui prendre beaucoup de temps), voilà qu’il s’apprête à racheter le Château de Gaure. Les esprits rationnels et cartésiens se demanderont pourquoi le beau Brad, s'intéresse à ce modeste château du Limoux. Nonobstant le fait que Brad aime le vin, on sait peu que c'est un féru de mathématique, de géométrie euclidienne, de cathète et d’hypoténuse. C'est pourquoi, bientôt on verra Brad Pitt à Gaure.


La guerre des bouchons chez le serpent

dans la catégorie Rencontres Officielles

bouchons-de-liege.jpgPour éviter les crises d'angoisses, il y a une flopée de questions qu'il faut éviter de se poser, comme par exemple, on peut vivre sans poumons, mais peut-on vivre sans smartphone? Puis-je me considérer comme fin gourmet et adorer le Royal Deluxe du Mac Do avec des frites et du Coca-Cola. Pourquoi les vieux Ermites se rapprochent-ils de plus en plus des Bordeaux et s’éloignent de plus en plus des hommes, alors que le fils de Dieu a dit "Aimez-vous les uns dans les autres, mais avec du Bourgogne". N’y a-t-il pas dans ces faits une incompatibilité flagrante entre l’amour inconsidéré de Dieu et l’amour du bon vin? Pourrais-je un jour voir l'Ermite dans un futal en cuir? Une autre question existentielle est, faut-il toujours dire la vérité sur le vin? Quand je suis reçu par des gens normaux, je bois ce qu'on me sert, sans trop donner mon avis, je ne vais quand même pas distribuer des cravates, des bons points ou des bourre-pif, mais j’ai une particularité, quand je déguste et que le vin n’est pas bon, au restaurant ou chez quelqu’un, je le dis. Je ne me force jamais à boire un vin bouchonné ou déviant pour ne pas faire de la peine à celui qui a offert le breuvage.

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Quand je m’agrippe au lit

dans la catégorie Notre vin quotidien

4198974672.jpgUn jour, Confucius m'a dit : "la grippe, c'est comme l'amour, ça s'attrape dans la rue et ça finit au lit"; il a ajouté : "toutes des salopes"! En relisant cette brillante conclusion, je me demande si ce n'est pas plutôt mon Ermite adoré qui a prononcé cette phrase essentielle. Bref, entre deux toussotements et une suée, entre des douleurs articulaires et des oreilles qui sifflent le pont de la rivière Kwaï en javanais, j'ai à peine le temps de m'intéresser au monde qui m'entoure. Pour les départementales, j'ai un bon alibi, j'étais au lit avec ma grippe. Tu es allé voter, toi? Finalement, l'abstention n'était pas si élevée que ça... Le FN n'est pas le premier parti de France, ouf, je vais pouvoir remballer mes chemises brunes. Nikos 1er a réitéré sa consigne de merde, ni caca, ni coco et encore moins de bobo. La conophobie a pris le pouvoir et, par un hasard facétieux, un avion bourré d'allemand en culotte de peau et en tong et chaussette c'est planté dans les alpes. Dans un premier temps, je me suis dit : Quel drôle de drame, je les plains, mourir en culotte de peau, quel malheur. Dans un deuxième temps, j’ai attaqué une phase plus égoïste, putain, il m'arrive rien à moi, à part cette saloperie de grippe. Dans un troisième temps, je me suis informé, les chaines d'info tournent en boucle sur un peu près rien, c'est super dur de tenir le crachoir pendant 24 heures quand t'as pas un témoin, 3mn d'images identiques sur toutes les chaines et trois experts en crash qui débitent le même baratin partout.

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Sous l'emprise de la Boisson

dans la catégorie Notre vin quotidien

Pierre_et_Bernard_Boisson.jpgLoin de moi l'idée d'être familier comme les Épîtres de Cicéron, encore moins de faire le pitre ou le bélître comme Cicéron, ce titre n'est rien d'autre qu'un rite, un hommage à une famille que je ne connais pas mais qui m'est déjà familière. Depuis quelques temps, j'entends beaucoup parler, en bien, de cette famille Boisson. Dans la famille Boisson, la très bien nommé, il y a Bernard le père et Pierre le fils, Boisson-Vadot, c'est le Père, Pierre Boisson, c'est Pierre et Anne, c'est Anne Vadot, puisqu'il fallait une fille dans cette histoire de famille. Une affaire de famille comme dans beaucoup de domaines de Bourgogne. Deux générations qui se côtoient, se respectent et travaillent ensemble pour porter haut les vins des trois domaines. Situé à Meursault, la famille Boisson-Vadot, fait partie de ces pépites cachées que cherche tout amateur de vin. La majorité des parcelles sont sur les appellations Meursault, Auxey-Duresses et Bourgogne Aligoté, le domaine possède également des vignes à Pommard et Monthélie pour les vins rouges. Chez les Boisson, on travaille à l’ancienne, avec du bon sens, travaux à la vigne manuels, labours de sols, absence de désherbants, d’engrais, ou de produits de synthèse, un effort important mené à la vigne et des élevages longs (ils peuvent aller jusque 21 mois) avec de légers bâtonnages. Le vin est ensuite mit en bouteille sans filtrage. C'est le fils, Pierre, grand ami de Raphael Coche du fameux Domaine Coche-Dury, qui pose son empreinte sur les vins. Il réalise des vins d’une grande finesse, précis et droits. Peu connu il y a encore quelques années, le domaine ne cesse aujourd’hui de faire parler de lui grâce à la qualité de sa production. Comme souvent, c'est en goutant le petit vin du domaine qu'on se fait une opinion de la qualité d'ensemble.

Bourgogne Aligoté 2011 Anne Boisson

De vieilles vignes plantées durant la deuxième guerre mondiale, une partie a été replantée durant les années 50. 2011, un millésime compliqué, précoce, sec puis pluvieux, mais le résultat final est plutôt bon. Une robe jaune pâle aux reflets verts. Un nez grillé, citronné avec des notes d'herbes fraîches et de fleurs blanches. La bouche débute sur la fraicheur des agrumes puis évolué vers des notes plus grasses, plus beurrées, mais l'acidité reste toujours élevée. boissonmeursault.jpgLe vin est droit, précis et termine sur de beaux amers, de la noisette qui complexifie la finale. Très bien

Meursault "Sous la Velle" 2011 Anne Boisson

Le Meursault comme je l'aime, fin, agréable, droit. Un nez sur la noisette grillé, les agrumes, les fruits blancs, l'aubépine, la pêche. La bouche est tout en subtilité, la matière est là, mais comme cachée par un voile d'élégance, le vin est vertical, l'équilibre est impeccable, l'acidité transporte le vin, la longueur est parfaite pour profiter d'un beau fruit et d'une minéralité en filigrane. Une bouteille épatante qui se videra presque toute seule.

Domaine BOISSON-VADOT - Pierre BOISSON – Anne BOISSON
1 rue Moulin Landin F-21190 MEURSAULT


Rencontre avec le hobbit de Vingrau

dans la catégorie La tournée des vignes

Le_Clos_des_Fees.jpgHervé Bizeul a du caractère, beaucoup de caractère et même un fichu caractère pour certains. C'est un agitateur d’idées, remuant, médiatique, ombrageux parfois, il a la dent dure et le smiley aussi facile que la plume. Un vigneron enraciné dans son temps et fils de cette terre rude et fière du Roussillon qu'il défend bec et ergots acérés. Dans un décor de carte postale, entre les bourrasques glaciales de la tramontane et les falaises calcaires de Vingrau, entre la Méditerranée et les sommets enneigés des Pyrénées il a décidé d'aller au bout de ses intentions. Hervé Bizeul est un vigneron de conviction qui ne craint pas le débat, ses passes d'armes sur les espaces de liberté prennent souvent des allures de combats de coq de village. J'aime la castagne, les bourre- pifs, même quand ils ne sont pas de Bourgogne. Je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais peu importe, c'est toujours bien écrit, et surtout, ça semble franc et sincère et c'est bien là l'essentiel. Alors, rencontrer le pugnace catalan et sa femme Claudine, autour d'un repas préparé par Frédéric Lefèvre (pas le politique qui confondait invectives avec arguments, mais le cuisinier qui ne confond surtout pas goût et soin du détail), sur le ring de la Carambole, l'occasion était trop belle pour ne pas la saisir. Rage et l'Ermite seront de la partie, même si notre anachorète avait un petit coup de mou.

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T'occupe pas du chapeau de la gamine

dans la catégorie Notre vin quotidien

UUne expression familière souvent entendue dans mon enfance m'est revenu comme un boomerang: "t'occupe pas du chapeau de la gamine, je paie les rubans et tu pousses la bagnole". J'ai souvent entendu cette expression dans la bouche d'un gros beauf lorsque sa femme se mêlait de la conversation. En gros, pour le gros con monté court, ça voulait dire, mêle toi de ton cul et laisse parler ceux qui savent. Le gros con ose tout, c'est même à ça qu'on le reconnait. Je me rappelle, dans ma jeunesse, des luttes estudiantines, au bistrot du coin, devant le babyfoot à écouter les gros cons parler mal à leurs femmes, au barman et même à leurs amis de biture, ça m'irritait. Faut dire que beaucoup de choses m'énervaient, même ceux qui luttaient à mes côtés m’agaçaient, des fois, encore plus que les gros cons. Quand je parle de lutte, c’est un peu excessif, déjà, faire le mur pour jouer au baby n'a rien de révolutionnaire, et il faut bien que je l’avoue, haïssant la foule et surtout les gens qui la compose, je ne peux guère me réunir à plus de deux, voire à trois si le Meursault est bien frais et le Chambertin chambré. Alors, quand j'ai vu cette bouteille: "les Gamines" du domaine de la Marfée, ça m'a rappelé tous les gros cons que j'ai croisé, cela ne nous rendra pas Mike Brant, mais la nostalgie, c'est comme les coups de soleil, ça fait toujours plus mal la nuit.

C'est à Murviel-lès-Montpellier, en appellation St-Georges d’Orques, le Domaine de La Marfée et Thierry Hasard jouent la carte du Mourvèdre et de la biodynamie. Le Domaine La Marfée produit quatre cuvées en rouge (Les Gamines, Della Francesca, Les vignes qu’on abat et Les champs murmurés) et une cuvée en blanc (Frissons d’ombelles) ainsi qu’une micro-cuvée rouge issue de raisins passerillés (Sugar Baby Love) et un rosé.

Coteaux du Languedoc Les Gamines 2012 Domaine de La Marféela_marfee.jpg

50% Mourvèdre, 40% Syrah et 10% Grenache. Une belle robe grenat, un nez sauvage, sur les fruits noirs, les épices, la garrigue, les olives et de petites notes vanillées. En bouche, c'est franc, fruité, belle matière, tannins encore jeunes mais fins, une petite fraicheur qui accompagne une finale élégante mais discrète. Bien+

Encore le coup de la panne sèche

dans la catégorie Rencontres Amicales

panneseche.jpgTous les blogueurs ne sont pas égaux devant la panne de sens ou d'inspiration. Pour certains, une photo floue de chaton et c'est réglé. Un blog de critique télé trouvera toujours une émission de téléréalité sur TF1 à dézinguer. Un blog de cuisine trouvera toujours une recette de Gloubi-boulga frit à la graisse de panard, un blog anti-PSG trouvera toujours un supporter plus con qu'un autre. L’éditorialiste trouvera toujours un sujet intéressant: si Hollande et Sarkozy n’ont pas dit de conneries de la journée, un petit coup de fil à Nabila et l'affaire est dans le lac, ou en prison. Le blog de politicien aussi, mettons qu’il n'ait pas trop envie de poster, à part peut-être pour raconter la blague du cul-de-jatte qui se tripote, il sera accusé par des tracteurs de cacher la vérité et de noyer des poissons pour leur faire avaler des cous lèvres et des poteaux roses, et d’ailleurs ce cul-de-jatte, il faisait quoi avec ses potes? Dans le cas du blog-intime qui raconte les péripéties de Cénosillicaphobe convaincus, c’est vachement plus délicat, la panne d’inspiration peut survenir relativement vite, surtout s'il n'y a rien à boire. Tout ça pour dire que si je continue encore longtemps à te faire le coup de la panne, ce n'est pas demain qu’un éditeur va me proposer de faire un livre sur mes aventures, et toi, cher lecteur, cher lectrice, tu vas aller visiter le site du geek qui aime les lapins crétins. Une panne, certes, mais pas une panne sèche puisqu'il y avait du Champagne, du Chambertin, un Ex-Voto pour prier et jubiler avec Hugel....

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Les bons contes font les bons amis

dans la catégorie La tournée des vignes

Chandon_de_Briailles2.JPGChandon de Briailles, c’est un nom qui claque à Savigny-lès-Beaune, mais c’est aussi une longue histoire de famille. Dans le giron familial depuis 1834, ce domaine de 13,7 hectares, producteur de grands vins de garde, est aujourd’hui dirigé par Claude de Nicolay et son frère François. J'ai eu la chance de rencontrer François de Nicolay, le temps d'un diner, au Clos de la Garenne (dont je ne vous ai jamais parlé, honte à moi, je vais me rattraper). C'est la mère de François, Nadine de Nicolay qui, au début des années 80, est arrivée de Paris pour remettre de l’ordre dans la boutique après une succession de régisseurs plus ou moins rigoureux. Les pratiques "anciennes", (ajout d’acide tartrique, désherbants, engrais, œnologues très et trop interventionnistes...) ont été bannies. Le domaine s'est engagé vers la culture raisonnée avant de passer la totalité du domaine en culture biodynamique en 2005, une vraie prise de conscience, pas un phénomène de mode, pour François de Nicolay. Depuis, le Domaine a regagné ses lettres de noblesse et ornent à nouveau les tables des grands noms de la gastronomie.

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Olivier Humbrecht, le géant vert

dans la catégorie La tournée des vignes

olivier_humbrecht.jpgChaque année, la dégustation du dernier millésime au domaine Zind-Humbrecht est une bonne occasion de rassembler nos forces et de foncer sur Turkheim. Est-il encore besoin de rappeler que le domaine Zind-Humbrecht, dirigé de main de maître par Olivier Humbrecht, est une référence incontournable du paysage viticole Alsacien. Une dégustation au domaine est un marathon, mais aussi une formidable découverte des terroirs d'Alsace (Brand, Clos Winsbuhl, Rangen, Herrenweg, Clos Hauserer, Heimbourg, Hengst, Goldert, Rotenberg, Clos Jebsal, Wintzenheim) et une non moins passionnante analyse de l'adaptation des cépages Alsaciens à ces terroirs qui parfois prennent le pas sur la typicité du cépage. Cette année, une nouveauté intéressante, on ne déguste plus par table "cépage", mais par table "famille de terroir". Une innovation, qui, au début peut paraitre déstabilisante, se révélera pleine d'enseignements, tant les terroirs sont importants pour Olivier Humbrecht.

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3615 Ulla

dans la catégorie Rencontres Amicales

3615ULLA.jpgParfois, c'est étrange les restaurants, vous ne trouvez pas? On ne sait jamais ce qui peut vous arriver. D'habitude, au resto, c'est le client qui est maître, mais parfois, c'est la maîtresse. Bref, on est là, pépère, on commande l'apéro, un petit Riesling de Sylvie Spielmann pour se rafraichir la glotte, on mate la carte, on passe un bon moment entre potes, on attaque l'apéritif, on devise de la minéralité du Kanzlerberg, de sa fraicheur et tout et tout, et de la symbiose entre l'Omble Chevalier et les rognons moutarde, une soirée ordinaire en quelques sortes; quand l'inexplicable survient. Didier, qui ne fait rien comme tout le monde, annonce fièrement son choix à la patronne venue prendre la commande. Omble et quenelle de brochet ou de saumon, peu importe? Là, la dame-patronne se transforme en dame-matrone, elle fixe le Didier comme si c'était un étron sur son bar en cuivre, petite lunette de maitresse d'école vissé sur la tête, et beugle:
- Nein, nein, nein, vous pouffer ba faire ça!

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Le corbeau, le renard et le lapin

dans la catégorie Notre vin quotidien

Lapin.JPGQui ne s'est pas déjà retrouvé au tableau, devant toute la classe, avec un méchant trou de mémoire, ce qui est toujours mieux qu'un béant trou dans le bénard, à marmonner une fable de ce con de La fontaine? Même que ça m'est arrivé devant la belle Aurélie dont j'étais fou dingo. C'est, dans mon bermuda vert, le cul serré comme une noix de cajou, que j'ai massacré l'œuvre du grand fabuliste. Ça explique beaucoup de chose sur mes nombreuses névroses et mes complexes, sans parler que je ne peux pas aller me coucher sans relire l'intégrale de Françoise Dolto sur les tares de l’adolescence et ses conséquences psycho-sociales.

Le corbeau sur un arbre perché
Ne foutait rien de la journée.
Le lapin voyant le corbeau
L’interpella et lui dit aussitôt:
Moi aussi, comme toi, puis je m’asseoir
Et ne rien foutre du matin jusqu’au soir?
Le corbeau lui répondit de sa branche:
Bien sûr, ami à la queue blanche,
Dans l’herbe verte tu peux te coucher
Et ainsi de la vie profiter.
Blanc lapin s’assit alors par terre,
Et sous l’arbre resta à ne rien faire,
Tant et si bien qu’un renard affamé,
Voyant ainsi le lapin somnoler,
S’approcha du rongeur en silence,
Et d’une bouchée en fit sa pitance.

Moralité : Deux anciens ennemis peuvent s'allier pour vous nuire, alors, pour rester assis à ne rien foutre, il vaut mieux être très haut placé.

Châteauneuf du Pape Boisrenard 2004Beaurenard.jpg

Clairette, Roussanne, Grenache blanc, Bourboulenc. Un nez puissant, ample, de fruits blancs et jaunes, de miel, de fleurs, fougère et aubépine. La bouche est grasse, beaucoup de largeur, d'amplitude. Dans un premier temps, j'étais parti pour ne pas aimer, en lui laissant le temps, la fraicheur est apparue comme par magie, le vin s'est installé, s'est révélé plutôt agréable et assez tendu avec une persistance intéressante. Sans être parfait, il m'a (un peu) fait changer d'avis sur les Châteauneuf blanc.

L'immonde perdu

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vvt.pngIl est des jours comme des chaussures trop petites et d'autres où je me marre d'avance. Le jour de ma balade hebdomadaire avec l'Ermite est une de celles-là. J'attends avec impatience et jubilation le moment où il vient me chercher pour m'emmener dans la futaie avoisinante pour prendre des raccourcis conséquents et toujours montant et discourir de chose et d'autre, enfin, surtout de choses vineuses, quand il ne fabule pas sa vie. J’ai, pour la marche, une passion idoine à celle que je porte au curling ou au pentathlon moderne, mais j'aime par-dessus-tout entendre l'Ermite, le bourrelet débordant de son marcel, nous raconter qu'il a été orpailleur, catcheur dans une boite de nuit, sexeur de poulet, vendeur de vaisselle ou casseur de porcelaine. Qu'il aime le confit de canard, le cassoulet, le foie gras et les frères Nakache, même s'il n'en mange pas, du moins il essaye d'arrêter. Il aurait même été dresseur d'ours des Carpates et marié à une écuyère belgo-ougandaise qui s'usait les doigts à raccommoder sa culotte de peau lacérée par son plantigrade en rut. Par contre, je ne supporte plus son eau de toilette, "Vie rupestre", qu'il fait venir à prix d'or des monts de son Alsace natale.

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Chez Diana, ondine au Champagne

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henriot.jpgY a bien un métier que j'aimerai exercer, c'est ambassadeur d'une grande maison de Champagne. Mais comment devient-on ambassadeur d'un Champagne? Y-a-t-il une "Nouvelle star des ambassadeurs", un "Ambassador’academy", voire une "ile de la tentation du Champagne"? Ce métier m'intéresse pour de multiples raisons, déjà, la gratte. Ça doit palper un max, quand tu vois les costars, les cravates en soie et les pompes en peau de Berluti, ça laisse rêveur. En plus, ça dépense rien un ambassadeur, ça passe sa vie dans des grands hôtels, dans des grands salons à bouffer des petits fours et des Ferrero Rocher en veux-tu en voilà, en buvant du Champagne. Un ambassadeur de Champagne, ça causse bien, classe, ça dit pas des horreurs du style, "elle se magne la bédouine qui pue la transpiration de me remplir mon godet…" Voilà typiquement le genre de phrases que ne dirait pas un ambassadeur de champagne, et c’est bien naturel. Il représente la grandeur de la Champagne, pays de lumière avec des bulles et tout le toutim. Pour ma part, je me prépare activement, j’ai relu Rousseau, pas Jean-Jacques mais Armand, Voltaire, Montesquieu (de biais, j’avoue, sinon j’ai même plus le temps de me siffler une coupe de champ devant des chiffres et des lettres), mais surtout San Antonio, lui qui disait: "le Champagne, c’est du pinard à ressort". Je vous laisse, y’a la commission de surendettement des particuliers qui vient dîner à la maison : au menu champagne et caviar…faut que je les soigne…

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