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Quand je m’agrippe au lit

dans la catégorie Notre vin quotidien

4198974672.jpgUn jour, Confucius m'a dit : "la grippe, c'est comme l'amour, ça s'attrape dans la rue et ça finit au lit"; il a ajouté : "toutes des salopes"! En relisant cette brillante conclusion, je me demande si ce n'est pas plutôt mon Ermite adoré qui a prononcé cette phrase essentielle. Bref, entre deux toussotements et une suée, entre des douleurs articulaires et des oreilles qui sifflent le pont de la rivière Kwaï en javanais, j'ai à peine le temps de m'intéresser au monde qui m'entoure. Pour les départementales, j'ai un bon alibi, j'étais au lit avec ma grippe. Tu es allé voter, toi? Finalement, l'abstention n'était pas si élevée que ça... Le FN n'est pas le premier parti de France, ouf, je vais pouvoir remballer mes chemises brunes. Nikos 1er a réitéré sa consigne de merde, ni caca, ni coco et encore moins de bobo. La conophobie a pris le pouvoir et, par un hasard facétieux, un avion bourré d'allemand en culotte de peau et en tong et chaussette c'est planté dans les alpes. Dans un premier temps, je me suis dit : Quel drôle de drame, je les plains, mourir en culotte de peau, quel malheur. Dans un deuxième temps, j’ai attaqué une phase plus égoïste, putain, il m'arrive rien à moi, à part cette saloperie de grippe. Dans un troisième temps, je me suis informé, les chaines d'info tournent en boucle sur un peu près rien, c'est super dur de tenir le crachoir pendant 24 heures quand t'as pas un témoin, 3mn d'images identiques sur toutes les chaines et trois experts en crash qui débitent le même baratin partout.

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Sous l'emprise de la Boisson

dans la catégorie Notre vin quotidien

Pierre_et_Bernard_Boisson.jpgLoin de moi l'idée d'être familier comme les Épîtres de Cicéron, encore moins de faire le pitre ou le bélître comme Cicéron, ce titre n'est rien d'autre qu'un rite, un hommage à une famille que je ne connais pas mais qui m'est déjà familière. Depuis quelques temps, j'entends beaucoup parler, en bien, de cette famille Boisson. Dans la famille Boisson, la très bien nommé, il y a Bernard le père et Pierre le fils, Boisson-Vadot, c'est le Père, Pierre Boisson, c'est Pierre et Anne, c'est Anne Vadot, puisqu'il fallait une fille dans cette histoire de famille. Une affaire de famille comme dans beaucoup de domaines de Bourgogne. Deux générations qui se côtoient, se respectent et travaillent ensemble pour porter haut les vins des trois domaines. Situé à Meursault, la famille Boisson-Vadot, fait partie de ces pépites cachées que cherche tout amateur de vin. La majorité des parcelles sont sur les appellations Meursault, Auxey-Duresses et Bourgogne Aligoté, le domaine possède également des vignes à Pommard et Monthélie pour les vins rouges. Chez les Boisson, on travaille à l’ancienne, avec du bon sens, travaux à la vigne manuels, labours de sols, absence de désherbants, d’engrais, ou de produits de synthèse, un effort important mené à la vigne et des élevages longs (ils peuvent aller jusque 21 mois) avec de légers bâtonnages. Le vin est ensuite mit en bouteille sans filtrage. C'est le fils, Pierre, grand ami de Raphael Coche du fameux Domaine Coche-Dury, qui pose son empreinte sur les vins. Il réalise des vins d’une grande finesse, précis et droits. Peu connu il y a encore quelques années, le domaine ne cesse aujourd’hui de faire parler de lui grâce à la qualité de sa production. Comme souvent, c'est en goutant le petit vin du domaine qu'on se fait une opinion de la qualité d'ensemble.

Bourgogne Aligoté 2011 Anne Boisson

De vieilles vignes plantées durant la deuxième guerre mondiale, une partie a été replantée durant les années 50. 2011, un millésime compliqué, précoce, sec puis pluvieux, mais le résultat final est plutôt bon. Une robe jaune pâle aux reflets verts. Un nez grillé, citronné avec des notes d'herbes fraîches et de fleurs blanches. La bouche débute sur la fraicheur des agrumes puis évolué vers des notes plus grasses, plus beurrées, mais l'acidité reste toujours élevée. boissonmeursault.jpgLe vin est droit, précis et termine sur de beaux amers, de la noisette qui complexifie la finale. Très bien

Meursault "Sous la Velle" 2011 Anne Boisson

Le Meursault comme je l'aime, fin, agréable, droit. Un nez sur la noisette grillé, les agrumes, les fruits blancs, l'aubépine, la pêche. La bouche est tout en subtilité, la matière est là, mais comme cachée par un voile d'élégance, le vin est vertical, l'équilibre est impeccable, l'acidité transporte le vin, la longueur est parfaite pour profiter d'un beau fruit et d'une minéralité en filigrane. Une bouteille épatante qui se videra presque toute seule.

Domaine BOISSON-VADOT - Pierre BOISSON – Anne BOISSON
1 rue Moulin Landin F-21190 MEURSAULT


Rencontre avec le hobbit de Vingrau

dans la catégorie La tournée des vignes

Le_Clos_des_Fees.jpgHervé Bizeul a du caractère, beaucoup de caractère et même un fichu caractère pour certains. C'est un agitateur d’idées, remuant, médiatique, ombrageux parfois, il a la dent dure et le smiley aussi facile que la plume. Un vigneron enraciné dans son temps et fils de cette terre rude et fière du Roussillon qu'il défend bec et ergots acérés. Dans un décor de carte postale, entre les bourrasques glaciales de la tramontane et les falaises calcaires de Vingrau, entre la Méditerranée et les sommets enneigés des Pyrénées il a décidé d'aller au bout de ses intentions. Hervé Bizeul est un vigneron de conviction qui ne craint pas le débat, ses passes d'armes sur les espaces de liberté prennent souvent des allures de combats de coq de village. J'aime la castagne, les bourre- pifs, même quand ils ne sont pas de Bourgogne. Je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais peu importe, c'est toujours bien écrit, et surtout, ça semble franc et sincère et c'est bien là l'essentiel. Alors, rencontrer le pugnace catalan et sa femme Claudine, autour d'un repas préparé par Frédéric Lefèvre (pas le politique qui confondait invectives avec arguments, mais le cuisinier qui ne confond surtout pas goût et soin du détail), sur le ring de la Carambole, l'occasion était trop belle pour ne pas la saisir. Rage et l'Ermite seront de la partie, même si notre anachorète avait un petit coup de mou.

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T'occupe pas du chapeau de la gamine

dans la catégorie Notre vin quotidien

UUne expression familière souvent entendue dans mon enfance m'est revenu comme un boomerang: "t'occupe pas du chapeau de la gamine, je paie les rubans et tu pousses la bagnole". J'ai souvent entendu cette expression dans la bouche d'un gros beauf lorsque sa femme se mêlait de la conversation. En gros, pour le gros con monté court, ça voulait dire, mêle toi de ton cul et laisse parler ceux qui savent. Le gros con ose tout, c'est même à ça qu'on le reconnait. Je me rappelle, dans ma jeunesse, des luttes estudiantines, au bistrot du coin, devant le babyfoot à écouter les gros cons parler mal à leurs femmes, au barman et même à leurs amis de biture, ça m'irritait. Faut dire que beaucoup de choses m'énervaient, même ceux qui luttaient à mes côtés m’agaçaient, des fois, encore plus que les gros cons. Quand je parle de lutte, c’est un peu excessif, déjà, faire le mur pour jouer au baby n'a rien de révolutionnaire, et il faut bien que je l’avoue, haïssant la foule et surtout les gens qui la compose, je ne peux guère me réunir à plus de deux, voire à trois si le Meursault est bien frais et le Chambertin chambré. Alors, quand j'ai vu cette bouteille: "les Gamines" du domaine de la Marfée, ça m'a rappelé tous les gros cons que j'ai croisé, cela ne nous rendra pas Mike Brant, mais la nostalgie, c'est comme les coups de soleil, ça fait toujours plus mal la nuit.

C'est à Murviel-lès-Montpellier, en appellation St-Georges d’Orques, le Domaine de La Marfée et Thierry Hasard jouent la carte du Mourvèdre et de la biodynamie. Le Domaine La Marfée produit quatre cuvées en rouge (Les Gamines, Della Francesca, Les vignes qu’on abat et Les champs murmurés) et une cuvée en blanc (Frissons d’ombelles) ainsi qu’une micro-cuvée rouge issue de raisins passerillés (Sugar Baby Love) et un rosé.

Coteaux du Languedoc Les Gamines 2012 Domaine de La Marféela_marfee.jpg

50% Mourvèdre, 40% Syrah et 10% Grenache. Une belle robe grenat, un nez sauvage, sur les fruits noirs, les épices, la garrigue, les olives et de petites notes vanillées. En bouche, c'est franc, fruité, belle matière, tannins encore jeunes mais fins, une petite fraicheur qui accompagne une finale élégante mais discrète. Bien+

Encore le coup de la panne sèche

dans la catégorie Rencontres Amicales

panneseche.jpgTous les blogueurs ne sont pas égaux devant la panne de sens ou d'inspiration. Pour certains, une photo floue de chaton et c'est réglé. Un blog de critique télé trouvera toujours une émission de téléréalité sur TF1 à dézinguer. Un blog de cuisine trouvera toujours une recette de Gloubi-boulga frit à la graisse de panard, un blog anti-PSG trouvera toujours un supporter plus con qu'un autre. L’éditorialiste trouvera toujours un sujet intéressant: si Hollande et Sarkozy n’ont pas dit de conneries de la journée, un petit coup de fil à Nabila et l'affaire est dans le lac, ou en prison. Le blog de politicien aussi, mettons qu’il n'ait pas trop envie de poster, à part peut-être pour raconter la blague du cul-de-jatte qui se tripote, il sera accusé par des tracteurs de cacher la vérité et de noyer des poissons pour leur faire avaler des cous lèvres et des poteaux roses, et d’ailleurs ce cul-de-jatte, il faisait quoi avec ses potes? Dans le cas du blog-intime qui raconte les péripéties de Cénosillicaphobe convaincus, c’est vachement plus délicat, la panne d’inspiration peut survenir relativement vite, surtout s'il n'y a rien à boire. Tout ça pour dire que si je continue encore longtemps à te faire le coup de la panne, ce n'est pas demain qu’un éditeur va me proposer de faire un livre sur mes aventures, et toi, cher lecteur, cher lectrice, tu vas aller visiter le site du geek qui aime les lapins crétins. Une panne, certes, mais pas une panne sèche puisqu'il y avait du Champagne, du Chambertin, un Ex-Voto pour prier et jubiler avec Hugel....

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Les bons contes font les bons amis

dans la catégorie La tournée des vignes

Chandon_de_Briailles2.JPGChandon de Briailles, c’est un nom qui claque à Savigny-lès-Beaune, mais c’est aussi une longue histoire de famille. Dans le giron familial depuis 1834, ce domaine de 13,7 hectares, producteur de grands vins de garde, est aujourd’hui dirigé par Claude de Nicolay et son frère François. J'ai eu la chance de rencontrer François de Nicolay, le temps d'un diner, au Clos de la Garenne (dont je ne vous ai jamais parlé, honte à moi, je vais me rattraper). C'est la mère de François, Nadine de Nicolay qui, au début des années 80, est arrivée de Paris pour remettre de l’ordre dans la boutique après une succession de régisseurs plus ou moins rigoureux. Les pratiques "anciennes", (ajout d’acide tartrique, désherbants, engrais, œnologues très et trop interventionnistes...) ont été bannies. Le domaine s'est engagé vers la culture raisonnée avant de passer la totalité du domaine en culture biodynamique en 2005, une vraie prise de conscience, pas un phénomène de mode, pour François de Nicolay. Depuis, le Domaine a regagné ses lettres de noblesse et ornent à nouveau les tables des grands noms de la gastronomie.

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Olivier Humbrecht, le géant vert

dans la catégorie La tournée des vignes

olivier_humbrecht.jpgChaque année, la dégustation du dernier millésime au domaine Zind-Humbrecht est une bonne occasion de rassembler nos forces et de foncer sur Turkheim. Est-il encore besoin de rappeler que le domaine Zind-Humbrecht, dirigé de main de maître par Olivier Humbrecht, est une référence incontournable du paysage viticole Alsacien. Une dégustation au domaine est un marathon, mais aussi une formidable découverte des terroirs d'Alsace (Brand, Clos Winsbuhl, Rangen, Herrenweg, Clos Hauserer, Heimbourg, Hengst, Goldert, Rotenberg, Clos Jebsal, Wintzenheim) et une non moins passionnante analyse de l'adaptation des cépages Alsaciens à ces terroirs qui parfois prennent le pas sur la typicité du cépage. Cette année, une nouveauté intéressante, on ne déguste plus par table "cépage", mais par table "famille de terroir". Une innovation, qui, au début peut paraitre déstabilisante, se révélera pleine d'enseignements, tant les terroirs sont importants pour Olivier Humbrecht.

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3615 Ulla

dans la catégorie Rencontres Amicales

3615ULLA.jpgParfois, c'est étrange les restaurants, vous ne trouvez pas? On ne sait jamais ce qui peut vous arriver. D'habitude, au resto, c'est le client qui est maître, mais parfois, c'est la maîtresse. Bref, on est là, pépère, on commande l'apéro, un petit Riesling de Sylvie Spielmann pour se rafraichir la glotte, on mate la carte, on passe un bon moment entre potes, on attaque l'apéritif, on devise de la minéralité du Kanzlerberg, de sa fraicheur et tout et tout, et de la symbiose entre l'Omble Chevalier et les rognons moutarde, une soirée ordinaire en quelques sortes; quand l'inexplicable survient. Didier, qui ne fait rien comme tout le monde, annonce fièrement son choix à la patronne venue prendre la commande. Omble et quenelle de brochet ou de saumon, peu importe? Là, la dame-patronne se transforme en dame-matrone, elle fixe le Didier comme si c'était un étron sur son bar en cuivre, petite lunette de maitresse d'école vissé sur la tête, et beugle:
- Nein, nein, nein, vous pouffer ba faire ça!

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Le corbeau, le renard et le lapin

dans la catégorie Notre vin quotidien

Lapin.JPGQui ne s'est pas déjà retrouvé au tableau, devant toute la classe, avec un méchant trou de mémoire, ce qui est toujours mieux qu'un béant trou dans le bénard, à marmonner une fable de ce con de La fontaine? Même que ça m'est arrivé devant la belle Aurélie dont j'étais fou dingo. C'est, dans mon bermuda vert, le cul serré comme une noix de cajou, que j'ai massacré l'œuvre du grand fabuliste. Ça explique beaucoup de chose sur mes nombreuses névroses et mes complexes, sans parler que je ne peux pas aller me coucher sans relire l'intégrale de Françoise Dolto sur les tares de l’adolescence et ses conséquences psycho-sociales.

Le corbeau sur un arbre perché
Ne foutait rien de la journée.
Le lapin voyant le corbeau
L’interpella et lui dit aussitôt:
Moi aussi, comme toi, puis je m’asseoir
Et ne rien foutre du matin jusqu’au soir?
Le corbeau lui répondit de sa branche:
Bien sûr, ami à la queue blanche,
Dans l’herbe verte tu peux te coucher
Et ainsi de la vie profiter.
Blanc lapin s’assit alors par terre,
Et sous l’arbre resta à ne rien faire,
Tant et si bien qu’un renard affamé,
Voyant ainsi le lapin somnoler,
S’approcha du rongeur en silence,
Et d’une bouchée en fit sa pitance.

Moralité : Deux anciens ennemis peuvent s'allier pour vous nuire, alors, pour rester assis à ne rien foutre, il vaut mieux être très haut placé.

Châteauneuf du Pape Boisrenard 2004Beaurenard.jpg

Clairette, Roussanne, Grenache blanc, Bourboulenc. Un nez puissant, ample, de fruits blancs et jaunes, de miel, de fleurs, fougère et aubépine. La bouche est grasse, beaucoup de largeur, d'amplitude. Dans un premier temps, j'étais parti pour ne pas aimer, en lui laissant le temps, la fraicheur est apparue comme par magie, le vin s'est installé, s'est révélé plutôt agréable et assez tendu avec une persistance intéressante. Sans être parfait, il m'a (un peu) fait changer d'avis sur les Châteauneuf blanc.

L'immonde perdu

dans la catégorie Rencontres Amicales

vvt.pngIl est des jours comme des chaussures trop petites et d'autres où je me marre d'avance. Le jour de ma balade hebdomadaire avec l'Ermite est une de celles-là. J'attends avec impatience et jubilation le moment où il vient me chercher pour m'emmener dans la futaie avoisinante pour prendre des raccourcis conséquents et toujours montant et discourir de chose et d'autre, enfin, surtout de choses vineuses, quand il ne fabule pas sa vie. J’ai, pour la marche, une passion idoine à celle que je porte au curling ou au pentathlon moderne, mais j'aime par-dessus-tout entendre l'Ermite, le bourrelet débordant de son marcel, nous raconter qu'il a été orpailleur, catcheur dans une boite de nuit, sexeur de poulet, vendeur de vaisselle ou casseur de porcelaine. Qu'il aime le confit de canard, le cassoulet, le foie gras et les frères Nakache, même s'il n'en mange pas, du moins il essaye d'arrêter. Il aurait même été dresseur d'ours des Carpates et marié à une écuyère belgo-ougandaise qui s'usait les doigts à raccommoder sa culotte de peau lacérée par son plantigrade en rut. Par contre, je ne supporte plus son eau de toilette, "Vie rupestre", qu'il fait venir à prix d'or des monts de son Alsace natale.

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Chez Diana, ondine au Champagne

dans la catégorie Rencontres Amicales

henriot.jpgY a bien un métier que j'aimerai exercer, c'est ambassadeur d'une grande maison de Champagne. Mais comment devient-on ambassadeur d'un Champagne? Y-a-t-il une "Nouvelle star des ambassadeurs", un "Ambassador’academy", voire une "ile de la tentation du Champagne"? Ce métier m'intéresse pour de multiples raisons, déjà, la gratte. Ça doit palper un max, quand tu vois les costars, les cravates en soie et les pompes en peau de Berluti, ça laisse rêveur. En plus, ça dépense rien un ambassadeur, ça passe sa vie dans des grands hôtels, dans des grands salons à bouffer des petits fours et des Ferrero Rocher en veux-tu en voilà, en buvant du Champagne. Un ambassadeur de Champagne, ça causse bien, classe, ça dit pas des horreurs du style, "elle se magne la bédouine qui pue la transpiration de me remplir mon godet…" Voilà typiquement le genre de phrases que ne dirait pas un ambassadeur de champagne, et c’est bien naturel. Il représente la grandeur de la Champagne, pays de lumière avec des bulles et tout le toutim. Pour ma part, je me prépare activement, j’ai relu Rousseau, pas Jean-Jacques mais Armand, Voltaire, Montesquieu (de biais, j’avoue, sinon j’ai même plus le temps de me siffler une coupe de champ devant des chiffres et des lettres), mais surtout San Antonio, lui qui disait: "le Champagne, c’est du pinard à ressort". Je vous laisse, y’a la commission de surendettement des particuliers qui vient dîner à la maison : au menu champagne et caviar…faut que je les soigne…

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Les périgrinations d'un Ermite anachorète

dans la catégorie L'Interview Psykotic

anachorete.jpgLettre à l'Anachorète
Cher Jean-Luc, mon Ermite d'amour, mon débroussailleur de neurones préféré, ma couille, je te remercie pour le temps que tu as passé à répondre à mes questions débiles, je sais que ton temps est précieux, puisque que tu es retraité et que tu n'as rien à faire de plus idiot. Si je t'ai sollicité, mon cénobite préféré, ma gonade, c'est pour avoir ton avis d'expert sur le bordeaux. Grâce à toi, je suis sorti des ténèbres nauséabondes de la Bourgognophilie suintante et purulente, pour entrer dans ton monde si grand, si beau, si vaste, si Bordelais… Grâce à toi, j'ai enfin bu boire un chef d'œuvre comme Duhat-Milon 2002 ou Haut-Batailley 1985, des œuvres vineuses qui constitue la pierre angulaire de toute la dégustation mondiale, la quintessence de la vigne, des œuvres tellement rares, quel drame et quelle tragédie pour l'humanité toute entière pour les siècles et les siècles à venir... Amen… Quels vins, ma crotte! Mazette! De vilains esprits se sont opposés à la grandeur des vieux Pauillac que tu vénères par-dessus tout et se sont acharnés sur toi, et j'en faisais partie. Qu'ils se consument, qu'ils brulent pour l'éternité, dans une marmite de pus tiède. Je ne serai plus de ceux-là. Je sais maintenant que le Bordeaux rend immortel, comme Superman, Michel Sardou, Jean Lefèvre, Dany Brillant ou le Sergent Garcia.

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Péché d'indulgence

dans la catégorie Notre vin quotidien

vatican-dollar-dieu2.jpgL'église a toujours su comment remplir ses caisses quand elles étaient vides. Le Pape Léon X a été le plus créatif. Il a créé les indulgences. Le principe était simple, ta vie n'est pas exemplaire, pas grave, tu payes et ton cœur redevient blanc comme neige. Ces indulgences remplirent autant les coffres du Pape que de sa famille… Pour que tout le monde connaisse les tarifs, le livre des Taxes de la chancellerie romaine a été publié. Quelques exemples de ses absolutions tarifées: L’absolution pour celui qui abuse d’une jeune fille est taxée à six carlins, un prêtre concubinaire est taxé à sept carlins, l’absolution pour celui qui a tué son père, sa mère, son frère, sa sœur, sa femme, ou quelque autre parent et allié, laïque néanmoins, est taxée à cinq carlins, l’absolution pour un laïque présent qui a tué un abbé ou un autre ecclésiastique inférieur à l’évêque, est taxée à sept, à huit ou à neuf carlins. L’absolution pour tout acte d’impureté, de quelque nature qu’il soit, commis par un clerc, fût-ce avec une religieuse, dans le cloître ou ailleurs, ou avec ses parents ou alliées, ou avec sa fille spirituelle, ou avec une autre femme, quelle que ce soit; soit aussi que cette absolution soit demandée ou non du clerc simplement, ou de lui ou de ses concubines, avec dispense de pouvoir prendre les ordres et tenir des bénéfices, et avec la clause inhibitoire, ne coûte que trente-six tournois et neuf ducats. C'est le prix du péché.

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God save the swing

dans la catégorie Rencontres Officielles

britishHumour.jpgUn peu d'histoire. En cette époque reculée où la nature était hostile et les éléments déchaînés, les compétitions sportives étaient rares, si tu étais mauvais au 1.500 mètres steeple, tu avais de grande chance de finir écrasé par le premier mammouth laineux de passage. Par une longue soirée hivernale et froide, un dénommé Johnuhhhr inventa la course à pied! Il advint que l’on perçut assez vite que les vainqueurs de ces compétitions acharnées exerçaient une étrange fascination sur ses pairs. Johnuhhhr, 12 fois vainqueur du grand steeple de la steppe, avait régulièrement droit aux meilleurs morceaux du mammouth, voire parfois aux meilleurs morceaux de ses pairs. Cette éternelle quête de la chère et de la chair avaient, hélas, bien plus d’influence que le bonheur de l’élévation spirituelle, c’est pourquoi les compétitions commencèrent à se multiplier. C’est à cette époque que fut, par exemple, inventé le football et le rugby, mais, comme les vessies étaient prises pour des lanternes, l’idée fit long feu.

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No Guts, no glory

dans la catégorie Notre vin quotidien

Australie_route.jpgUn ciel de feu, un soleil de plomb, un relais routier perdu au milieu de nul part, entre la plaine de Gawler et Nuriootpa. Un vieux routier sort de son truck, long comme sa barbe et chaud comme l'outback, réajuste sa casquette, griffe ses boyaux, se gratte l'entre-jambe et entre dans le bar. La musique de Bagdad café résonne de la cuisine, un digger joue à la roulette rustre avec un ocker triste, un vieil aborigènes cafouille avec le distributeur de cigarette, un touriste allemand bafouille devant son steak trop cuit, un surfer d'argent tripote sa canette de coke, un dandy savoure son homard à l'orange, un couple local termine sa tarte aux pommes dans l'indifférence générale. Un grand type sort de sa grosse japonaise et essuie son pare-buffle devant un bushranger qui finit de se servir en essence pendant que sa femme enlève les sauterelles mortes du pare-brise. Un jeune autostoppeur termine sa paquet de Barney Banana, boit une rasade de Victoria Bitter, sort son banjo et entame une Waltzing Matilda qui ferait pleurer un tondeur de mouton en grève ou une mouette unijambiste. Sous un parapluie, la femme d'un fermier longe la langue de bitume surchauffé, le vent fait tomber les panneaux publicitaires et fait virevolter les tumbleweed qui traversent le no-man's land. Certaines villes sont célèbres pour leur opéra futuriste, leur plage, leur lagon ou leur barrière de corail, une seule est célèbre pour ses "Black Guts", ses boyaux noirs qui, loin d'être un tord-boyaux, retournent les vôtres en même temps que vos sens.



Barossa Valley Shiraz Black Guts 2009 Rusden WinesRusden-Black-Guts-Shiraz-2010.jpg

Une robe grenat foncé aux reflets violets. Le nez de ses boyaux noirs est intense, il respire le fruit, la confiture de myrtille, la mûre, le cassis, mais aussi des nuances de poivre, de goudron, de lavande et de bois. La bouche est énorme, puissante, concentrée mais qui elle sait garder un peu de fraicheur pour arrondir des tannins jeunes mais relativement souples. L'ensemble est d'une gourmandise folle et la longueur en bouche est étonnante. Un vin à l'image d'un pays, hors norme.



La chouette, la pépite et le caviste orpailleur

dans la catégorie Notre vin quotidien

or_du_vin.jpgL'homme a créé le vin, il y a bien longtemps, à partir du fruit de la vigne et il a été si fier de son invention qu'il en a fait non seulement une partie importante de son alimentation, mais qu'il l'a intégré dans sa religion, ses traditions, ses plaisirs et même sa culture (Michel Bouvier). De Virgile à Rabelais, de Voltaire à Lord Byron, de Mozart à Verdi, tous les génies ont célébré le vin. Lubrifiant social pour Clavel, caverne de l'âme pour Érasme, chant de l'âme pour Baudelaire, prince enflammé, impétueux, traître comme tous les grands séducteurs pour Colette, Fields disait même que s'il buvait du vin c'était pour rendre les autres intéressants, c'est pas faux dirait Perceval, un dicton inconnu dit même que l’important, c’est de finir la bouteille, peu importe si on ne finit pas les phrases…

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Un Joguet, Chinon rien

dans la catégorie Notre vin quotidien

logo_domaine.jpgLe Domaine Joguet a longtemps été le phare des vins de Chinon, une gloire et une référence absolue dans la région. Le Domaine a été créé en 1957 par Charles Joguet et sa mère, Madame Veuve Joguet-Malécault (dont les initiales JMV ornent les capsules d'étain), à la mort de son père, vigneron coopérateur. Il va innover avec l’introduction des premières cuves inox à pigeage, en vendangeant en petites caissettes de 20 kg, et surtout, dès la fin des années 1950, en s’inspirant des pratiques de la Bourgogne, il va récolter, élever et commercialiser séparément les vins provenant de parcelles différentes, dont le terroir et l’âge des vignes diffèrent. C’est à l’époque une idée très novatrice dans la Loire, où la plupart des vignerons pratiquent alors un assemblage de toutes leurs vignes. Ainsi vont naitre le clos de Dioterie, le Clos du Chêne Vert, le Clos de la Cure ou les Varennes du Grand Clos, un cabernet Franc de Pied. En 1997, quarante ans tout juste après avoir créé le Domaine qui porte son nom, Charles Joguet tire sa révérence viticole pour se consacrer entièrement à son autre passion, la peinture. Après une période de flottement et quelques millésimes moins séduisants, le Domaine a été repris en main en 2005, avec l’arrivée d'un nouveau propriétaire, la famille Genet, un propriétaire qui a vite renoué avec la réputation des vins du domaine, des vins charpentés, bâtis pour la garde. Depuis, les vins du domaine Charles Joguet ont retrouvé précision, densité et élégance, des qualités rares du côté de Chinon.

Chinon Clos du Chêne Vert 2006 Domaine Charles Joguet

2006 est une année de vigneron, un millésime chaud en juillet et pluvieux en aout. Une récolte faible mais qualitative. Le Clos du Chêne Vert est un endroit mythique de Chinon, il doit son nom au monumental chêne vert qui le surplombe, c'est une repousse d’un arbre vieux de plus de huit cents ans planté par les moines de l’abbaye de Bourgueil au XIIe siècle, il est situé dans la ville, sur la rive droite de la Vienne. Deux hectares de fortes pentes orientés sud-ouest sur un terroir argilo et silico-calcaire.
clos-du-chene-vert-2006-g.jpgUn nez superbe, racé, beaucoup de menthol, de la cerise, de la fraise, des arômes assez curieux, indéfinissables, très originaux, entre le vernis et l'œillet. Surement un des bouquets les plus étranges (mais agréable) qu'il m'est été donné de sentir. Une bouche très fraiche toujours ses notes mentholée, un peu de réglisse, des tannins serrés, une grande acidité vivifiante et une finale sur des notes d'orange amère. Un vin étrange mais très agréable au final.

Le Charmes de la St valentin

dans la catégorie Notre vin quotidien

prince.jpgSamedi soir, j’ai fêté la Saint Valentin. Oui, je sais. Vous allez me dire que c’est commercial et un brin ringard. Je sais, j'ai déjà tenté le truc avec ma moitié de Champenoise, ça n'a pas marché. Aux bouquets de fleurs, elle préfère les cartes, bleue ou gold, c'est plus pratique pour le shopping. Puisque nous sommes tous des buses ou des alouettes, célébrons cette fête qui émane d'une tradition selon laquelle les oiseaux s'accoupleraient à la mi-février. D'autres pensent que l'origine viendrait d'Angleterre, où on a coutume d'écrire des mots d'amour en février, mais connaissant quelques Anglais, j'ai vraiment du mal à le croire. Mais voyons les bons côtés, la saint Valentin, ça permet de bien manger et de bien boire. Les antis Saint Valentin, ils rentrent du boulot et tac, ils sortent des endives, une boite de cassoulet, et un micro-onde et trois minutes plus tard, il pètent de joie. Les adeptes de St Valentin, ils se font mitonner de bon petits plats par leur Valentine. Ça permet aussi de sortit le costar et d'abandonner le jogging délavé. Pour les antis saint valentin, c'est fleurs, lingerie fine et bijoux tous les jours, moi, j’estime que quand je pense à rapporter le pain, c’est déjà une preuve d’amour. Oui, je sais, je ne suis vraiment pas romantique. Alors, quel vin pour la St valentin? Un vin qui rime avec valentin, un vin qui a du charme et qui accompagnera des St jacques, pour rester entre seins saints, mais aussi quelques ris de veau aux morilles. Bref, je n'ai pas fait preuve de beaucoup de subtilité dans le choix de la bouteille.

Meursault Charmes 2007 Domaine Henri GermainGermain_charmes.png

Un nez de suite expressif, poire bien mûre, agrume, chèvrefeuille, tilleul, fleurs blanches et un peu de noisette. Un nez classique, robuste et subtil à la fois. En bouche, c'est rond, ample, généreux, légèrement beurré, mais plutôt bien équilibré, même assez fin, racé, avec une longue finale épicée et ciselée. Excellent

Lafleur du mâle

dans la catégorie Inclassables mais classés

lafleur.pngUne histoire d'amour vineuse pour la St Valentin, ça vous dit? Au hasard de mes recherches sur le vin et le cinéma, je suis tombé, sans me faire mal, sur ce petit court métrage, réalisé à Berlin, par un jeune français, Mathieu Charrière. Un court métrage intitulé "Lafleur". C'est l’histoire d’un jeune français, qui lors d’une dégustation dans un club œnologique à Berlin, rencontre une jeune femme autour d’un verre de Lafleur 1982, le célèbre grand cru de Pomerol. Il possède une bouteille de 1979 chez lui et souhaite après quelques hésitations, lui faire découvrir. Il se demande s’il ne va pas le regretter, que cherche-t-elle, l'homme ou le vin? Un film "à moins de 1000 €", moins cher que beaucoup de grand Bordeaux. Le court métrage a obtenu le prix du public au festival oenovino 2013. L’idée de ce film remonte à son arrivée en Allemagne, il avait un peu le mal du pays, il a associé le vin à tous les moments partagés en famille ou entre amis. Le réalisateur et comédien ajoute: "Il y a plein d’histoires à raconter entre le vin et les hommes! J’ai commencé à écrire ce que j’appelle des histoires "avec" le vin. Dès que j’ai une idée, je ne la note pas tout de suite, j’essaie de l’oublier puis si le lendemain je m’en souviens encore, c’est que c’était une bonne idée". Un peu comme un bon vin, en quelques sortes…

Le lien vers le court métrage (VO sous-titres français)
https://vimeo.com/67722040


Tu Madiran tant

dans la catégorie Notre vin quotidien

evin1.jpgÇa fait des lustres et des candélabres que je ne m'étais pas indigné contre nos édiles débiles et leur rapport déplorable avec la boisson que j'adore. Dans ce beau pays de cocagne qui nous abrite, dans le pays du bien vivre, du bien manger, le vin reste le vilain petit canard boiteux, le parent pauvre de la gastronomie hexagonale, alors qu'il en était la fierté et l’orgueil. Autrefois partout connue pour sa joie de vivre, la France doit aujourd’hui abandonner cette légèreté pour laisser place aux préventionnistes de tout poil. On ne parle plus que de prévention, de principe de précaution, de Santé publique, de sécurité. Une croisade hygiéniste qui incite nos pouvoirs publics à ranger alcools durs et vins dans le même tonneau, au mépris de mille ans de culture viticole. C'est Jean-Jacques Rousseau qui a écrit, dans "Emile, ou de l’Education" :" la première fois qu’un sauvage boit du vin, il fait la grimace et le rejette; et même parmi nous, quiconque a vécu jusqu’à vingt ans sans goûter les liqueurs fermentées ne peut plus s’y accoutumer ! Nous serions tous abstèmes si l’on ne nous avait pas donné du vin dans nos jeunes ans". Dans la "Nouvelle Héloïse", il ajoutait : "J’ai toujours remarqué que les gens faux sont sobres", Baudelaire enfonce le clou dans "Du Vin et du Haschich" : "Un homme qui ne boit que de l’eau a un secret à cacher à ses semblables".

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